POLITIQUE
11/04/2018 17:56 EDT | Actualisé 11/04/2018 20:14 EDT

Jagmeet Singh évalue sérieusement la possibilité de se lancer dans Outremont pour le siège laissé vacant par Thomas Mulcair

La circonscription est détenue par le NPD depuis 2007.

Patrick Doyle/CP

OTTAWA — Est-ce que Jagmeet Singh devrait se présenter pour prendre le siège laissé vacant par son prédécesseur Thomas Mulcair? C'est une question à laquelle le chef du NPD affirme qu'il réfléchit sérieusement.

«Je réfléchis à toutes mes options», a informé Singh aux journalistes de la colline parlementaire mercredi à propos de la possibilité de se présenter dans Outremont. Il est à l'écoute de ses conseillers et est «toujours ouvert à entendre les opinions des gens sur toute élection partielle qui serait déclenchée».

Le NPD détient la circonscription d'Outremont depuis que Mulcair l'a gagnée dans une partielle en 2007. Jusqu'en 2011, c'était le seul siège du NPD au Québec.

«Il y a des pour et des contre»

Gagner une partielle dans la circonscription montréalaise - Mulcair a annoncé sa démission en tant que député pour juin - améliorerait les chances de bien faire du NPD dans l'élection générale de 2019, a évalué le lieutenant du NPD au Québec, Alexandre Boulerice.

«Nous jonglons avec l'idée en ce moment. Ce serait audacieux. Ce serait osé, mais tout de même, Outremont, nous l'avons gagné quatre fois. La dernière fois, nous l'avons gagné avec 5000 votes», a-t-il analysé.

«Il y a des pour et il y a des contre... Si on gagne la mise, ça envoie un message pas mal solide sur la force du NPD et l'importance du Québec pour Jagmeet Singh», a ajouté Boulerice.

«En même temps, ça pourrait être vu comme une bravade et ça pourrait être plus risqué, peut-être que M. Singh aurait plus d'affinités avec une élection partielle en Ontario.

Se lancer dans Outremont comporte beaucoup de risques.

«M. Singh [était] un élu provincial de Brampton, en Ontario, et a peu de liens avec Montréal et peu de racines avec la communauté locale, alors ça pourrait être difficile», a reconnu Boulerice. «[Il] a beaucoup à apprendre sur le Québec et la société de Montréal. Il est extrêmement curieux, et il apprend très vite, mais ce n'est pas sa maison.»

Boulerice a minimisé les suggestions d'un journaliste du Québec comme quoi le turban de Singh - le chef néo-démocrate est un sikh pieux - éteindrait les ardeurs des électeurs de la circonscription.

«Nous avons besoin de passer à autre chose de ce débat sur le port de symboles religieux», a-t-il dit. «À un moment donné, il y a une différence entre apparence et compétence et, à la fin de la journée, les électeurs le jugeront sur sa compétence.»

Des pressions sont exercées sur Singh, qui a été choisi comme chef du NPD en octobre dernier, pour prendre un siège à la Chambre des communes rapidement. Mulcair a récemment soutenu sur les ondes de CTV qu'il pense que «c'est important pour un leader politique d'entrer au [parlement] aussi tôt que possible pour que les Canadiens puissent apprendre à le connaître.»

Jim Young / Reuters
Tom Mulcair waves after visiting a zone house in Montreal, Quebec on Oct. 19, 2015.

C'est important pour le chef de voyager à travers le pays et de rencontrer les communautés, a affirmé Boulerice, mais c'est aussi important qu'il passe du temps sur la colline parlementaire avec les députés, les employés du NPD et même les journalistes.

«Il y a un équilibre à trouver. Être élu comme député le forcerait, évidemment, à passer beaucoup plus de temps à Ottawa.»

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l'anglais.