POLITIQUE
10/04/2018 18:04 EDT | Actualisé 10/04/2018 18:05 EDT

Oléoduc Trans Mountain: la pression monte sur le gouvernement fédéral

L'entreprise texane veut obtenir l'assurance qu'elle pourra procéder malgré la forte opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique.

kodda via Getty Images

Les ministres du gouvernement Trudeau ont offert peu de réponses à leur sortie de la réunion d'urgence du cabinet, mardi, alors que la pression s'accentue pour que le gouvernement fédéral sauve le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain.

«Le gouvernement est à 100 pour cent pour ce pipeline», a dit le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.

«C'est important pour le Canada, a-t-il ajouté. C'est dans l'intérêt national. Nous croyons que c'est important pour toutes les régions du pays et nous n'avons pas l'intention de revenir sur notre décision.»

Il n'a toutefois offert aucune nouvelle information sur les options qui sont envisagées par le gouvernement.

La moitié du cabinet de Justin Trudeau s'est réunie à Ottawa mardi après-midi, en pleine relâche parlementaire, pour discuter de ce dossier deux jours après l'annonce par la société Kinder Morgan qu'elle suspendait toute activité et investissement non essentiels entourant son projet.

L'entreprise texane veut obtenir l'assurance qu'elle pourra procéder malgré la forte opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique.

L'Alberta et la Colombie-Britannique, deux provinces dirigées par des néo-démocrates, sont à couteaux tirés sur l'avenir de l'oléoduc qui permettrait d'acheminer le pétrole des sables bitumineux albertains au port de Vancouver.

Le premier ministre britanno-colombien, John Horgan, s'oppose farouchement à l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain et veut porter le dossier devant les tribunaux.

Le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney, qui a été ministre dans le gouvernement de Stephen Harper, suggère qu'Ottawa prenne des mesures de représailles contre la Colombie-Britannique en retenant les transferts fédéraux qui lui sont dus.

La Chambre de commerce de Vancouver a exhorté le premier ministre Trudeau à s'asseoir avec ses homologues de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, Rachel Notley et John Horgan, pour sortir de l'impasse ou trouver un autre moyen de faire appliquer la loi. Le projet d'oléoduc a été approuvé par le cabinet en 2016.

Le premier ministre terre-neuvien, Dwight Ball, de passage à Ottawa mardi, a lui aussi encouragé Mme Notley et M. Horgan à trouver un terrain d'entente.

«Ils devraient se rencontrer pour tenter de trouver une solution qui profiterait à tous les Canadiens», a-t-il dit, en précisant qu'en tant que premier ministre d'une province productrice de pétrole, il appuyait toute juridiction qui voulait exporter ses ressources naturelles.

Le ministre Carr a déjà indiqué que le gouvernement considérait toutes les options à sa disposition, qu'elles soient réglementaires, juridiques ou financières, pour permettre au projet Trans Mountain de se concrétiser.

Mme Notley avait signalé lundi que l'Alberta pourrait investir des fonds publics dans le projet d'oléoduc pour qu'il aille de l'avant coûte que coûte, incitant son plus proche rival Jason Kenney à réclamer qu'Ottawa emboîte le pas.

«Nous allons avoir de bonnes discussions aujourd'hui», s'était contentée de dire la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, à son arrivée à la réunion du conseil des ministres. Des manifestants anti-oléoduc ont bloqué une partie de la circulation près de son bureau au centre-ville d'Ottawa à l'heure de pointe mardi après-midi.

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