POLITIQUE
09/04/2018 18:28 EDT | Actualisé 09/04/2018 18:28 EDT

Ottawa songe à investir dans l'oléoduc Trans Mountain pour sa construction

Le projet Trans Mountain a fait aussi l'objet d'une grande contestation de la part des écologistes et des Autochtones.

Le gouvernement fédéral n'exclut pas d'investir des sommes pour l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain afin qu'il aille de l'avant, comme songe à le faire le gouvernement de l'Alberta.

«Notre gouvernement examine activement toutes les options à sa disposition pour faire avancer ce projet, qu'elles soient réglementaires, juridiques ou financières, a fait savoir le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, par courriel. Nous travaillerons de concert avec tous les partenaires de bonne volonté. Ce pipeline va se construire.»

Questionné à ce sujet lors de son passage à Montréal lundi après-midi, le premier ministre Justin Trudeau n'a pas voulu préciser quelles options étaient envisagées.

«On est dans une situation où la juridiction et la capacité du gouvernement fédéral de déterminer des projets dans l'intérêt national sont en jeu, a-t-il affirmé. (...) C'est dans l'intérêt de tous les Canadiens qu'on ait de nouveaux marchés pour nos produits pétroliers. On est prisonnier du marché américain et à cause de ça, on fait bien moins d'argent pour nos ressources que l'on devrait. C'est un moteur économique important pas seulement pour l'ouest du pays, mais pour tout le pays.»

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a signalé dimanche que son gouvernement était prêt à investir des sommes directement dans le projet pour rétablir la confiance des investisseurs. Une idée soutenue par son plus proche rival, le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta, Jason Kenney, à condition qu'Ottawa contribue.

Le président-directeur général de Kinder Morgan, Steve Kean, a affirmé lundi que son entreprise est ouverte à recevoir du financement public si cela garantit que l'oléoduc sera construit.

La société américaine Kinder Morgan a suspendu son projet de 7,4 milliards $ dimanche. L'entreprise dit avoir pris cette décision à cause de l'opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique, qui veut porter le dossier devant les tribunaux.

Le projet Trans Mountain a fait aussi l'objet d'une grande contestation de la part des écologistes et des Autochtones. Plusieurs manifestations se sont déroulées au terminal de la société à Burnaby, en Colombie-Britannique. Environ 200 personnes ont récemment été arrêtées pour avoir défié une injonction les empêchant de manifester trop près de l'endroit.

Le chef néo-démocrate fédéral, Jagmeet Singh, a évité, en entrevue, de prendre position sur l'investissement de sommes publiques dans ce projet d'oléoduc.

«La première étape est de vraiment régler les préoccupations des environnementalistes, des communautés autochtones et du peuple de la Colombie-Britannique avant de prendre une autre décision», a-t-il dit.

Les gouvernements de la Colombie-Britannique et de l'Alberta, tous deux dirigés par des néo-démocrates, sont à couteaux tirés sur l'avenir de l'oléoduc.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a blâmé le premier ministre Justin Trudeau qui n'en a pas fait assez, selon lui, pour défendre le projet.

M. Trudeau «n'a pris aucune mesure concrète pour assurer la réalisation de ce projet». Il l'accuse également d'avoir imposé des politiques qui nuisent au secteur énergétique, comme la taxe sur le carbone, et qui font fuir les investisseurs.

Il ajoute que l'industrie pétrolière et gazière est l'une des «plus responsables sur les plans environnemental et social du monde».

L'oléoduc Trans Mountain sert déjà à transporter environ 300 000 barils de pétrole par jour des sables bitumineux de l'Alberta à la Colombie-Britannique et dans l'État de Washington aux États-Unis. Le projet d'expansion, qui avait été approuvé par le gouvernement Trudeau en 2016, permettrait de tripler la capacité de l'oléoduc.