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09/04/2018 18:11 EDT | Actualisé 09/04/2018 18:11 EDT

Les entreprises canadiennes ont du travail à faire pour combler l'écart salarial

Les firmes d'ingénieurs montréalaises WSP Global et SNC-Lavalin ont affiché d'importants écarts pour les salaires et les primes.

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Certaines des plus grandes banques, firmes d'ingénieurs et autres entreprises du Canada versent à leurs employés britanniques de la gent féminine des salaires substantiellement moindres qu'à leurs collègues masculins et leur accordent de moins grosses primes, selon un rapport sur l'écart salarial publié au Royaume-Uni.

La Banque Royale, la Banque Scotia et la Banque TD ont indiqué que le salaire horaire de leurs employées britanniques était inférieur d'entre 35 et 44 pour cent à celui des hommes. En moyenne, les primes accordées aux femmes étaient inférieures d'entre 64 et 72 pour cent à celles accordées à leurs collègues masculins.

Lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de la Royale, vendredi dernier, le chef de la direction de la banque, Dave McKay a indiqué aux journalistes que cet écart était grandement lié à la difficulté de nommer davantage de femmes à des postes principaux et dans les secteurs des marchés de capitaux, de la gestion de patrimoine et de courtage, où la rémunération est plus élevée.

«Nous devons en faire plus, et nous devons changer ces rôles, les rendre plus attrayants, pour attirer la diversité, parce que je crois que nous allons mieux performer avec le temps.»

Selon la loi britannique sur l'égalité, tous les employeurs britanniques comptant 250 employés ou plus doivent fournir des informations sur les salaires et primes accordés à leurs travailleurs, incluant des comparaisons basées sur le genre des employés.

BlueBay Asset Management, un gestionnaire de fonds londonien détenu par la Banque Royale, a ainsi dévoilé un écart de 19 pour cent entre le salaire horaire des hommes et des femmes, ainsi qu'un écart de 56 pour cent en ce qui a trait aux primes.

F&C Asset Management, détenue par la Banque de Montréal, a fait état d'un écart salarial de 34 pour cent entre les hommes et les femmes, et de 82 pour cent pour ce qui est des primes.

Du côté de la Banque Scotia, l'écart salarial est de 44 pour cent et atteint 72 pour cent au chapitre des primes. La banque explique cette situation par une répartition inégale de femmes dans ses activités et départements, et aux postes qui sont peu ou pas occupés par des femmes.

Les sociétés canadiennes avec les meilleures performances étaient Bombardier Transport et Cott Beverages.

Au sein de la division ferroviaire de Bombardier, l'écart du salaire horaire était de 2,8 pour cent, mais les primes versées aux femmes étaient 14 pour cent plus élevées que celles accordées aux hommes.

Le directeur général Richard Hunter a noté que l'écart de l'entreprise était inférieur à la moyenne nationale. «Nous nous sommes engagés à ce que le travail chez Bombardier soit inclusif et accessible à tous, mais aujourd'hui certains groupes restent sous-représentés de façon importante, y compris les femmes — un problème qui touche toute l'industrie du rail et de l'ingénierie», a-t-il expliqué dans un rapport.

Grands écarts pour les ingénieurs

Les firmes d'ingénieurs montréalaises WSP Global et SNC-Lavalin ont affiché d'importants écarts pour les salaires et les primes.

L'écart du salaire horaire de WSP est 25 pour cent, tandis que les primes des femmes sont 55 pour cent moins élevées. Chez SNC, l'écart salarial est de 38 pour cent et celui des primes est de 67 pour cent.

Le chef de l'exploitation de SNC-Lavalin pour le Royaume-Uni et l'Europe, Philip Hoare, a indiqué que la plupart des firmes d'ingénieurs ou de construction affichaient de tels écarts parce que les hommes représentaient près de 75 pour cent des effectifs. En outre, le ratio était de plus de quatre hommes pour une femme dans les postes de cadres.

Mais ce genre d'écart reste prévalent dans les entreprises où la majorité des employés sont des femmes.

Chez Lululemon Athletica UK, les femmes gagnent 21 pour cent de moins que les hommes, un écart supérieur à la moyenne britannique, qui est de 17,4 pour cent, tandis que les primes des femmes sont 59 pour cent moins élevées.

La société de Vancouver, qui exploite 13 magasins en Angleterre et en Écosse, dit avoir atteint ce mois-ci la parité pour ce qui est de la rémunération totale. Cependant, l'écart salarial est faussé par la rémunération d'un dirigeant de sexe masculin avec des responsabilités mondiales.

Du côté de Selfridges Retail, un groupe de détaillants comprenant Holt Renfrew et détenu par Galen Weston, le personnel est composé à 60 pour cent de femmes. L'écart entre les salaires est de 14 pour cent et celui des primes est de 39 pour cent. L'entreprise a noté qu'elle comptait plus d'hommes dans les postes de cadre de ses équipes de numérique et de technologies de l'information, qui font partie de ses plans de croissance.

Le brasseur Molson Coors Brewing a fait état d'un écart de six pour cent pour les salaires et de 26 pour cent pour les primes, tandis que le géant de l'alimentation McCain Foods (G.B.) a indiqué que son écart salarial était de neuf pour cent et celui des primes, de 72 pour cent.

Thomson Reuters Professional UK n'affiche qu'un écart salarial de 2,4 pour cent, mais la moyenne des primes pour les femmes était inférieure de 51 pour cent à celle des hommes. L'écart salarial chez Reuters était de 20 pour cent et l'écart des primes était de 41 pour cent.

Comme la plupart des organisations, Thomson Reuters a expliqué ses écarts par le fait que ses postes de cadres sont pourvus à 71 pour cent par des hommes et par le fait que 23 pour cent de ses emplois sont dans le secteur de la technologie, qui a traditionnellement attiré plus d'hommes que de femmes.

La firme immobilière torontoise Colliers International a indiqué que son écart salarial était de 44 pour cent et que les femmes à son emploi touchaient à des primes 77 pour cent moins importantes que les hommes.

Depuis 2012, son effectif féminin a progressé de 30 pour cent, de sorte que 42 de ses employés sont dorénavant des femmes.

Le chef de la direction des activités au Royaume-Uni et en Irlande, Tony Horrell, a indiqué que l'entreprise encourageait un plus grand nombre de femmes à envisager une carrière dans l'immobilier commercial. «C'est seulement en approchant la diversité avec des actions mutuelles et constantes que nous pourrons refermer l'écart.»