POLITIQUE
09/04/2018 12:56 EDT | Actualisé 10/04/2018 06:08 EDT

Le PQ veut régler la question des signes religieux d’ici un an

Jean-François Lisée veut «mettre une fois pour toutes cette question derrière nous».

QUÉBEC – Un gouvernement du Parti québécois promet d'agir «rapidement» pour interdire les signes religieux pour les juges, gardiens de prison, policiers, mais aussi les éducatrices en garderies et les enseignants du primaire et du secondaire.

Le chef péquiste Jean-François Lisée en a fait l'annonce sur les réseaux sociaux dans la foulée du débat du port du hijab ou du turban au sein des forces policières de Montréal. Du même souffle, il dit vouloir mettre en place des mesures pour mieux intégrer les immigrants sur le marché du travail, avec une meilleure reconnaissance des diplômes et des acquis.

S'il devient premier ministre, M. Lisée a l'intention de faire voter deux projets de loi dans ce sens au printemps 2019 pour ensuite les faire adopter à l'été 2019. Il s'agit d'une façon, selon lui, de «mettre une fois pour toutes cette question derrière nous».

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Jean-François Lisée propose d'aller un peu plus loin que les recommandations Bouchard-Taylor.

M. Lisée blâme le premier ministre Philippe Couillard d'avoir refusé de suivre les recommandations du rapport Bouchard-Taylor – qui recommande d'interdire les signes religieux pour les représentants de l'État qui ont une autorité coercitive – ce qui envenime le débat selon lui.

«Les débats sur l'immigration, l'intégration et la laïcité sont importants et légitimes, soutient le chef du PQ. Rien n'est plus nuisible, cependant, que le refus d'agir, les délais constants, le déni du consensus québécois.»

«Pas un enjeu réel», selon Philippe Couillard

Appelé à commenter en marge d'une annonce à Montréal, le premier ministre Couillard a accusé M. Lisée de vouloir diminuer les droits des gens «de façon très cavalière» et dit vouloir miser ses efforts sur les «véritables enjeux pour les véritables citoyens du Québec».

«Ce n'est pas un enjeu réel. Je pense qu'on essaie de dévier les débats de notre société. C'est pas mal plus réel aujourd'hui de parler de mobilité, d'économie, d'emplois, de développement régional. Si M. Lisée, M. [François] Legault [de la Coalition avenir Québec (CAQ)] aillent sur les enjeux imaginaires, qu'ils le fassent!»

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Philippe Couillard fustige ses adversaires, qui brassent des «enjeux imaginaires» selon lui.

Rappelons que la loi sur la neutralité religieuse empêche de donner et de recevoir des services publics à visage couvert – ce qui vise spécifiquement une infime minorité de femmes musulmanes au Québec qui portent le niqab ou la burqa.

Des mesures plus spécifiques sur l'application de cette loi sont à prévoir dans les prochains mois.

Le PQ irait plus loin que les recommandations du rapport Bouchard-Taylor, puisqu'il propose d'étendre l'interdiction des signes religieux aux éducatrices en garderie et aux enseignants du Québec, qui n'ont aucun pouvoir coercitif.

Valérie Plante veut que Québec se «branche»

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a été questionnée sur le sujet des signes religieux dans au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lors du congrès Maîtres chez vous de Force Jeunesse qui réunissait des jeunes de tous les horizons politiques, samedi.

Elle a remis en doute le «consensus québécois» évoqué par le PQ et la CAQ, qui trouvent que la neutralité religieuse proposée par le gouvernement Couillard ne va pas assez loin.

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«Si ça faisait si consensus que ça, j'aimerais que Québec se branche d'un bord ou de l'autre, a déclaré Mme Plante. Mais ultimement, ça se retrouve dans ma cour. Donc je ne pense pas que ça fait si consensus que ça, étant donné qu'à chaque fois, c'est si émotif.»

« Moi, ce que je veux, comme mairesse, c'est que ma population puisse travailler entre autres. L'employabilité, c'est vraiment important et pour moi, c'est un des outils les plus forts d'inclusion», a ajouté la mairesse.

Cela étant dit, elle précise qu'il n'y a pas eu de directive en ce sens au SPVM et qu'elle les laisse faire leur travail. «Comme ils l'ont mentionné, ils n'ont jamais eu de demandes, alors je pense que pour l'instant, la question s'arrête là.»

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