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09/04/2018 13:17 EDT | Actualisé 09/04/2018 14:19 EDT

Les erreurs d'identification de victimes sont rares, selon un coroner

Dans le cas où l'identification visuelle est impossible, le Dr Jean Brochu admet toutefois que l'enquête peut devenir «très, très difficile».

Parker Tobin
LA PRESSE CANADIENNE/COURTOISIE LIGUE JUNIOR DE LA SASKATCHEWAN
Parker Tobin

Coroner permanent au bureau de Montréal, le Dr Jean Brochu explique que l'identification des victimes est «habituellement très facile», mais que parfois, la démarche peut s'avérer très complexe.

Selon lui, les erreurs d'identification comme celle qui s'est produite dans la tragédie de Humboldt, en Saskatchewan, demeurent très rares et «idéalement, il ne faut pas que ça arrive», ajoute-t-il.

Le Dr Jean Brochu s'étonne d'autant plus de la confusion puisque le drame implique une liste de victimes bien connues et bien identifiées.

«Les joueurs de l'équipe, les entraîneurs, les bénévoles, le chauffeur, on connaît toutes les personnes. Ça peut arriver que les gens se ressemblent ou on peut avoir mêlé des documents. Généralement quand on a une liste des gens connus c'est plus facile de faire l'identification», commente le Dr Brochu.

«Ce n'est pas un attentat dans un aéroport où vous avez des personnes qui gisent par terre et vous n'avez aucune idée qui c'est», ajoute-t-il.

Rappelons que le bureau du coroner de la Saskatchewan a reconnu, lundi matin, s'être trompé en annonçant le décès de Xavier Labelle, des Broncos de Humboldt. C'est plutôt Parker Tobin, 18 ans, qui fait partie des 15 victimes.

D'après un porte-parole du bureau du coroner de la Saskatchewan, la ressemblance physique entre les deux jeunes athlètes, sensiblement du même âge, qui se sont teint les cheveux en blond comme le reste de l'équipe, aurait en partie causé la méprise.

La pression extérieure de la couverture médiatique et de la communauté pressée de connaître l'identité des personnes décédées ou blessées aurait pu forcer les autorités à agir plus vite.

La communauté, les familles et les médias doivent s'armer de patience lors de telles tragédies. «Pour faire les choses comme il faut, les gens doivent comprendre qu'il faut avoir une certitude garantie», souligne le coroner. Une démarche qui peut parfois prendre du temps.

Lorsqu'il dit que l'identification des victimes est «habituellement très facile», c'est que dans 95 pour cent des cas, selon le Dr Brochu, ce sont des proches qui confirment l'identité de la personne par une reconnaissance visuelle.

«Si le visage est trop endommagé, on peut reconnaître la personne par un tatouage, une caractéristique physique et des papiers d'identité sur elle», poursuit-il.

Par contre, dans le cas où l'identification visuelle est impossible, le Dr Jean Brochu admet que l'enquête peut devenir «très, très difficile».

«Quand il n'y a pas d'identification possible par les caractéristiques physiques ou le visage, l'identification préférable est par les empreintes digitales, mais il faut que la victime soit fichée quelque part. Après ça, il faut aller par expertise odontologique (les dents), mais il faut connaître qui est le dentiste», explique le coroner permanent du bureau de Montréal.

Il est aussi possible d'identifier une victime si elle porte une prothèse avec un numéro de série. Sinon, en dernier recours, le coroner peut demander une analyse ADN.

«L'ADN, on voit ça dans les films, mais au Canada en général et au Québec en particulier, c'est un test qui est long à obtenir. Il faut aussi avoir un comparatif, comme les enfants de la victime en étant sûr que c'est vraiment le père ou la mère biologique», mentionne le Dr Brochu.

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