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08/04/2018 12:42 EDT | Actualisé 08/04/2018 12:44 EDT

Tragédie en Saskatchewan: un médecin ayant travaillé en Syrie dans les secours des Broncos de Humboldt

C'était loin de l'avoir rendu insensible aux blessures qu'il a traitées à l'Hôpital royal universitaire de Saskatoon.

Courtoisie Hassan Masri

Hassan Masri s'est déjà occupé de victimes de frappes aériennes dans la guerre civile en Syrie, mais cela était loin de l'avoir rendu insensible aux blessures traitées par lui-même et d'autres membres des équipes d'urgence à l'Hôpital royal universitaire de Saskatoon, vendredi soir, à la suite de l'accident tragique ayant fait 15 morts.

L'hôpital avait déclaré un «code orange», signifiant qu'un nombre imposant de victimes était attendu.

Cela entraîne l'appel de membres du personnel et d'appareils additionnels. Des équipes sont mises en place pour être assignées à chaque patient.

Tous ces intervenants ont travaillé dans la nuit pour les soins de 15 patients à la suite de la violente collision entre un autobus qui transportait une équipe de hockey junior et un camion semi-remorque dans l'est de la Saskatchewan. L'un de ces patients a succombé à ses blessures, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC), samedi.

Après de nombreuses heures à travailler sans relâche, M. Masri a finalement pris son souffle et s'est rappelé qu'il était humain.

«Vous voyez les mères qui tentent d'enlacer leur enfant de 19 ou 22 ans sur une civière, et les petites soeurs de ces patients et leurs frères plus âgés, et vous commencez à entendre les histoires, et les images qu'ils vous montrent de leurs êtres chers — c'est à ce moment que la réalité vous frappe vraiment», a dit M. Masri, samedi, à La Presse canadienne.

«Vous commencez à regarder autour de vous et tout le monde est en pleurs, que ce soit le personnel médical, les infirmières ou les familles des patients.»

M. Masri a indiqué qu'il n'était pas au courant de l'accident lorsqu'il s'est présenté pour son quart de travail de 12 heures comme médecin aux soins intensifs à l'hôpital, vendredi, à 20h. Il s'est précipité aux urgences pour voir ce qui se passait, et a vu un nombre imposant de médecins, de chirurgiens, de neurochirurgiens, de résidents, d'infirmières et d'autres membres du personnel.

Chaque patient devait avoir sa propre équipe avec un médecin en urgence, un chirurgien, un résident, un inhalothérapeute et une infirmière, a-t-il indiqué.

Ils avaient moins de deux heures pour se préparer.

«Les gens à Saskatoon et dans les environs et dans les plus petites villes sont des familles très tissées serrées. Les gens savaient qui se trouvait dans l'autobus. Les gens connaissaient quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui se trouvait à bord de l'autobus», a souligné M. Masri.

«Les gens pouvaient s'identifier, car beaucoup de personnes ont des enfants qui jouent dans des équipes de hockey qui voyagent d'une ville à l'autre, alors la tragédie était familière», a-t-il ajouté.

M. Masri, dont les parents sont originaires de la Syrie, s'était porté volontaire avec d'autres médecins pour deux semaines dans le pays déchiré par la guerre en 2011. Cette expérience l'a sans doute préparée à affronter le tragique accident d'autobus, a-t-il indiqué. Il a appris à contrôler ses émotions et à s'attarder à la tâche à accomplir.

Mais bien qu'il y ait des similitude dans la gravité des blessures, M. Masri a souligné que les ressources disponibles pour soigner les blessés étaient beaucoup, beaucoup plus importantes que celles en Syrie. Il a affirmé que l'agence de santé publique et l'administration de l'hôpital avaient «joué un rôle immense» pour tenter de s'assurer de la fluidité des opérations.

«Il n'y a même pas eu un accroc (vendredi) auquel je peux penser dans tout le processus», a-t-il soutenu.

M. Masri tentait de trouver le sommeil, samedi, avant de retourner au travail.

«Je retournerai m'occuper des mêmes patients qui ont bien sûr un long chemin devant eux, et qui auront besoin que je sois frais et dispos pour prendre soin d'eux», a-t-il indiqué.

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