POLITIQUE
07/04/2018 05:00 EDT | Actualisé 07/04/2018 07:08 EDT

Claude Béland appuie la «clause Bombardier» de Québec solidaire

«Les solidaires ont le mérite de mettre le doigt sur le bobo», estime l'ancien président de Desjardins.

LA PRESSE CANADIENNE

QUÉBEC - L'ancien président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, estime que la «clause Bombardier» proposée par Québec solidaire est un «pas dans la bonne direction» pour réduire les inégalités entre les patrons d'entreprises et leurs salariés.

Dans une lettre ouverte qu'il co-signe avec Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la formation politique, M. Béland cautionne la promesse électorale solidaire, qui consiste à forcer les entreprises qui reçoivent de l'aide de l'État à payer leurs hauts dirigeants au maximum 30 fois plus que leur plus bas salarié.

Cette proposition fait directement référence à Bombardier qui, il y a un an, octroyait une hausse de salaire notable à ses dirigeants après que le gouvernement du Québec eut investi 1,3 milliard de dollars dans l'entreprise. La nouvelle a suscité l'indignation dans la population, allant jusqu'à provoquer des manifestations.

Cette année, les cinq plus hauts dirigeants de Bombardier ont reçu une augmentation de salaire de 12,3% en moyenne. Le PDG, Alain Bellemare, a reçu 13,7 millions de dollars – ce qui représenterait 340 fois le salaire de l'employé le moins bien payé de Bombardier.

LA LETTRE OUVERTE:
» Lettre d'un «jeune» et d'un «vieux» pour une «clause égalité»

Un «jeune» et un «vieux» s'allient

Malgré leur différence d'âge, M. Béland et M. Nadeau-Dubois veulent «remettre l'économie au service de la majorité» et empêcher les patrons de s'attribuer de telles hausses de salaire alors qu'ils ont reçu de l'aide gouvernementale.

«Six décennies séparent les deux auteurs de ce texte: l'un a connu une époque où le développement économique était encore soumis au respect de valeurs comme l'égalité des chances et la justice sociale, l'autre a grandi dans un monde où les inégalités n'ont fait qu'augmenter», peut-on lire.

Ce n'est pas la première fois que M. Béland, qui a dirigé Desjardins de 1987 à 2000, se fait critique envers les fleurons québécois. Il s'est déjà insurgé contre son ancienne organisation, qui est à l'opposé du rêve coopératif d'une société plus juste selon lui.

«Les solidaires ont le mérite de mettre le doigt sur le bobo et de proposer un début de solution, fait valoir M. Béland dans sa lettre. À ce jour, il s'agit du seul parti politique à avoir eu le courage politique d'en proposer une.»

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