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05/04/2018 07:31 EDT | Actualisé 05/04/2018 07:43 EDT

L'ex-président Lula devra rester en prison, a tranché la Cour suprême du Brésil

Dur coup pour le candidat qui arrive en tête des intentions de vote en vue des élections présidentielles.

Les juges du plus haut tribunal du Brésil ont rejeté tôt jeudi la demande de l'ancien président Luiz Inacio da Silva de rester libre pendant qu'il porte en appel sa condamnation pour corruption, assénant un dur coup au candidat qui arrive en tête des intentions de vote en vue des élections présidentielles de cette année dans le plus grand pays d'Amérique latine.

Après près de treize heures de débats souvent houleux, le Tribunal fédéral suprême a rejeté à six voix contre cinq la requête de l'ex-président da Silva de ne pas commencer à purger une peine de 12 ans de prison alors qu'il porte en appel une condamnation qui, selon lui, vise à l'empêcher de participer au scrutin d'octobre.

Malgré la condamnation et plusieurs autres accusations de corruption portées contre lui, Lula da Silva mène tous les sondages électoraux.

La décision signifie que M. da Silva sera vraisemblablement bientôt derrière les barreaux, mais probablement pas avant la semaine prochaine en raison de diverses formalités.

La juge en chef Carmen Lucia, qui a été vivement critiquée pendant l'audience par ses collègues, a enregistré le vote qui a fait pencher la balance alors que le tribunal était confronté à une égalité de cinq contre cinq.

En revanche, le juge Gilmar Mendes, qui compte habituellement parmi les détracteurs de l'ancien président, a voté en faveur de son maintien en liberté, en expliquant qu'un tribunal ne doit pas céder à la pression populaire. Son collègue Luis Roberto Barroso a prévenu que l'intégrité de l'appareil judiciaire était menacée.

Le juge Marco Aurelio Mello a accusé la juge Rosa Weber de «comploter» contre M. da Silva, après qu'elle eut voté pour l'envoyer en prison.

Des millions de téléspectateurs ont suivi la séance à la télévision. Lorsque la décision a été rendue, des feux d'artifice et des cris de joie ont pu être observés à Rio de Janeiro et à Sao Paulo, deux des villes les plus importantes du pays.