POLITIQUE
05/04/2018 18:02 EDT | Actualisé 18/04/2018 13:51 EDT

La résistance au G7 s’organise à Québec et à Charlevoix

«Les gens sont tannés de ce genre de rencontre organisée par le 1% pour servir le 1%.»

AFP/Getty Images
Les dirigeants du G7 résideront au Manoir Richelieu à La Malbaie lors de leur séjour.

QUÉBEC – Des groupes de la société civile souhaitent présenter un «contre-discours» à celui qui sera véhiculé dans les prochaines semaines dans la foulée du G7 de Charlevoix, qui réunira les sept pays les plus riches de la planète.

Une manifestation a lieu jeudi à Québec en marge du Sommet d'affaires B7, qui réunissait des gens d'affaires de chacun des pays du G7. Une autre manifestation est prévue le 9 juin à Québec, pendant l'évènement.

Il y aura également des activités d'éducation populaire dans Charlevoix, ainsi qu'un forum alternatif les 9 et 10 juin à Québec.

«Le G7 fait partie du problème en favorisant la concentration du pouvoir et de la richesse entre les mains d'une élite économique de plus en plus restreinte», déplore Marie-Ève Duchesne, porte-parole des groupes de Québec mobilisés contre le G7.

«Pendant que les dirigeants se pavanent devant les caméras, les véritables problèmes que les États devraient régler sont mis de côté et c'est la population qui en souffre.»

Ces «véritables problèmes» se déclinent en six axes :

  • L'environnement
  • L'égalité hommes-femmes
  • Les paradis fiscaux
  • Le racisme systémique
  • Les inégalités sociales
  • L'autodétermination des peuples autochtones

«Les gens sont tannés de ce genre de rencontre organisée par le 1% pour servir le 1%», conclut Christian Page, représentant de la Coalition pour un forum alternatif au G7. Les manifestations prévues se veulent toutefois pacifiques selon les organisateurs.

Ottawa paierait pour le grabuge

De passage à Québec, le premier ministre canadien Justin Trudeau dit être prêt à payer la note si jamais des manifestations contre le G7 tournent au vinaigre.

« Je sais que les discussions sont en cours là-dessus, mais nous reconnaissons que le G7 et les coûts associés sont la responsabilité fédérale, a-t-il dit. On va continuer de travailler avec nos partenaires – la ville, la province – pour s'assurer que ça demeure la responsabilité du fédéral.»

M. Trudeau se dit tout à fait à l'aise que des manifestations ont lieu, autant qu'elles se passent de façon pacifique. Pour preuve, une «zone de libre expression» a été établie sur un terrain vacant à La Malbaie pour quiconque veut bien s'y exprimer.

«C'est important d'assurer que les gens aient la capacité d'exprimer leurs opinions et leur désaccord avec ce qu'on est en train de faire. Ça fait partie de notre démocratie, ça fait partie de la liberté qu'on veut démontrer, qu'on veut souligner pour le reste du monde.»

Le G7 à Charlevoix se tiendra les 8 et 9 juin. Il s'agira de la première visite au Canada du président américain Donald Trump.