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05/04/2018 08:41 EDT | Actualisé 05/04/2018 08:41 EDT

Japon: jugées «impures», des femmes secouristes chassées d'un ring de sumo

En vertu d'une tradition millénaire.

Toru Hanai / Reuters

Le président de l'Association japonaise de sumo a présenté ses excuses après que des femmes, accourues sur le ring pour prodiguer des soins d'urgence, en ont été chassées en vertu d'une tradition millénaire.

L'incident s'est déroulé mercredi à Maizuru, dans la région de Kyoto (ouest) quand le maire de la ville s'est effondré en plein discours. Alors que plusieurs femmes se précipitaient pour lui faire un massage cardiaque, un arbitre leur a alors intimé l'ordre, via un message proféré à plusieurs reprises par haut-parleur, de quitter immédiatement le "dohyo", l'arène de ce sport de lutte traditionnel, a relaté à l'AFP une porte-parole de la municipalité, Noriko Miwa.

Le sumo, dont les origines remontent à plus de 2000 ans, conserve de nombreux rituels religieux shinto. Le ring est considéré comme un lieu sacré et les femmes, jugées "impures", en sont bannies.

Selon des témoins cités par les médias locaux, des responsables ont jeté ensuite de grandes quantités de sel sur l'anneau de combat, apparemment afin de "re-purifier" le sol foulé par la gent féminine.

Dans un communiqué, le responsable de l'Association de sumo, Hakkaku, a formulé de "sincères excuses". "L'annonce a été faite par un arbitre sous le coup de l'émotion, mais c'était une action inappropriée dans une situation où une vie était en danger", a-t-il déclaré.

"Nous prions du fond de notre coeur pour la santé du maire et exprimons notre profonde gratitude aux femmes qui ont apporté les soins d'urgence sur place", a-t-il ajouté.

Le maire a été hospitalisé et se trouve dans un état stable, a précisé Mme Miwa.

Ce n'est pas la première fois que le sumo est agité par un tel débat.

En 1990, la secrétaire générale du gouvernement, Mayumi Moriyama, avait voulu remettre une coupe à un champion, mais elle avait perdu la bataille face au grand conservatisme des responsables de cet emblématique sport national.

Une décennie plus tard, Fusae Ota, gouverneure de la région d'Osaka (ouest), était revenue à l'offensive, déclarant: "le sumo est un sport traditionnel mais il doit changer". Elle avait demandé à plusieurs reprises de monter dans le cercle où combattent les imposants lutteurs, pour décerner un trophée. En vain.

Le sumo est un sport très codifié dont les lutteurs sont adulés au Japon, mais il a perdu de son prestige ces dernières années face à des accusations d'abus physiques extrêmes, des affaires de drogue, de paris illégaux et de liens avec le crime organisé.

L'an dernier, un de ses plus grands champions, Harumafuji, a dû mettre fin à sa carrière après avoir agressé un rival lors d'une soirée arrosée, un scandale qui a eu un énorme retentissement dans l'archipel.

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