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04/04/2018 11:50 EDT | Actualisé 04/04/2018 11:50 EDT

Les pays occidentaux lèvent le ton contre le régime de Bachar al-Assad

Ils s'engagent à faire payer les responsables de l'attaque au gaz sarin d'il y a un an contre la ville rebelle syrienne de Khan Cheikhoun.

Omar Sanadiki / Reuters

Les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne se sont engagés mercredi, un an après l'attaque au gaz sarin contre la ville rebelle syrienne de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Bachar al-Assad, à faire payer les "responsables".

Rappelant cette attaque "odieuse" qui a fait au moins 83 morts, lorsque "les forces d'Assad" ont fait usage de gaz sarin "avec des conséquences tragiques pour des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants", les ministres des Affaires étrangères de ces pays occidentaux assurent dans un communiqué conjoint que "les responsables devront rendre des comptes".

"Les souffrances infligées au peuple syrien par le régime Assad et ses soutiens sont abominables", affirment John Sullivan, Jean-Yves Le Drian, Boris Johnson et Heiko Maas selon la version américaine de cette déclaration. Ils accusent aussi une nouvelle fois la Russie, alliée de Damas, d'avoir laissé le régime syrien utiliser les armes chimiques contrairement à ses promesses.

"Nous condamnons le recours aux armes chimiques par quiconque, où que ce soit. Nous nous engageons à ce que tous les responsables rendent des comptes", ajoutent-ils.

Le 4 avril 2017, un raid aérien frappait Khan Cheikhoun, petite ville de la province d'Idleb, place forte des rebelles et des jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), il s'agit de la deuxième "attaque chimique" la plus meurtrière depuis le début de la guerre en 2011.

Trois jours plus tard, le président américain Donald Trump avait ordonné des frappes contre une base aérienne des forces syriennes, semblant reprendre à son compte la "ligne rouge" tracée par son prédécesseur Barack Obama, qui avait toutefois renoncé à procéder à des frappes lors d'une précédente attaque au gaz sarin attribuée au régime en 2013.

Paris et Washington ont affirmé être prêts à riposter de manière coordonnée à toute nouvelle attaque chimique de Damas, mais, malgré les accusations qui se sont multipliées depuis, il n'y a pas eu à ce stade de nouvelles représailles militaires occidentales.

La Turquie, la Russie et l'Iran pour un "cessez-le-feu durable" en Syrie

Les présidents turc, russe et iranien se sont engagés mercredi lors d'un sommet à Ankara à coopérer en vue de parvenir à un "cessez-le-feu durable" en Syrie, selon un communiqué publié à l'issue de la réunion.

Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Hassan Rohani "ont réaffirmé leur détermination à coopérer activement en Syrie en vue de parvenir à un cessez-le-feu durable entre les belligérants", d'après le communiqué.

Ils ont en outre souligné leur détermination à "accélérer leur efforts pour assurer le calme sur le terrain et protéger les civils dans les zones de désescalade et de faciliter un accès rapide de l'aide humanitaire à ces zones".

Moscou et Téhéran, qui soutiennent Damas, et Ankara, qui appuie des rebelles syriens, sont les parrains du processus d'Astana qui a notamment permis la mise en place de quatre "zones de désescalade" visant à réduire les affrontements en Syrie.

Paris et Washington "déterminés à poursuivre" la lutte antijihadiste

La France et les Etats-Unis sont "déterminés à poursuivre leurs actions au sein de la coalition internationale" antijihadiste en Irak et en Syrie, a déclaré mercredi la présidence française, après que Donald Trump a annoncé vouloir retirer les troupes américaines de Syrie.

L'objectif commun est de "combattre jusqu'au bout" le groupe Etat islamique, "cette organisation terroriste qui représente à la fois une menace pour la stabilité régionale et pour nos intérêts de sécurité", souligne l'Elysée, après un entretien téléphonique, mercredi, d'Emmanuel Macron avec Donald Trump.

"Rien ne doit nous détourner de l'objectif de prévenir toute résurgence de Daech dans la région et de progresser vers une transition politique inclusive en Syrie", ajoute la présidence française.

Le président américain a réitéré mardi sa volonté de retirer les troupes américaines de Syrie, assurant qu'une décision serait prise "très rapidement".

"En ce qui concerne la Syrie, notre première mission était de nous débarrasser du (groupe Etat islamique) EI. Nous y sommes presque parvenus", a-t-il précisé.

Emmanuel Macron est attendu à Washington pour une visite d'Etat du 23 au 25 avril.

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