POLITIQUE
04/04/2018 12:31 EDT | Actualisé 04/04/2018 12:31 EDT

La ministre manitobaine de la Condition féminine, Rochelle Squires, a été agressée durant son adolescence

«Chaque jour de ma vie, depuis 34 ans, aura été une longue traversée.»

Rochelle Squires
La Presse canadienne/Darryl Dyck
Rochelle Squires

Après des années de silence souvent minées par la culpabilité, la ministre de la Condition féminine du Manitoba admet qu'elle a été elle-même agressée sexuellement dans sa jeune adolescence.

Rochelle Squires, âgée de 47 ans, a raconté à La Presse canadienne qu'elle a été violée à l'âge de 13 ans, mais sentait qu'elle ne pouvait en parler à personne.

«Chaque jour de ma vie, depuis 34 ans, aura été une longue traversée — parfois vers la rémission, mais parfois aussi vers les profondeurs à nouveau», expliquait Mme Squires mardi, après avoir prononcé une déclaration en Chambre pour souligner le Mois de la sensibilisation aux agressions sexuelles.

«Je suis retournée en arrière dans ma tête (...) des centaines de milliers de fois pour dire à cette petite fille de 13 ans: "Ce n'est pas de ta faute, tu vas t'en sortir"», raconte la ministre, la voix chevrotante. «Cette étape est maintenant terminée (...) mais je veux utiliser ma voix pour aider les autres.»

Mme Squires explique qu'elle n'a jamais porté plainte à la police — elle n'en a jamais parlé, en fait, avant d'atteindre la mi-trentaine, et c'est en thérapie qu'elle a rompu le silence. «Je me sentais terriblement coupable, même à cet âge. Et je me demande encore aujourd'hui pourquoi.»

La ministre progressiste-conservatrice n'a pas identifié son agresseur, mais elle soutient qu'elle a dû le côtoyer par la suite.