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04/04/2018 22:10 EDT | Actualisé 04/04/2018 22:10 EDT

La tireuse interrogée quelques heures avant de faire feu chez YouTube

Nasim Aghdam avait été rencontrée par des policiers durant une vingtaine de minutes.

Quelques heures à peine avant d'ouvrir le feu avec une arme de poing dans les bureaux de YouTube dans le nord de la Californie, mardi, blessant trois personnes par balle avant de s'enlever la vie, Nasim Aghdam avait été rencontrée par des policiers durant une vingtaine de minutes.

La femme de 39 ans avait calmement raconté aux policiers qu'elle vivait des problèmes familiaux et qu'elle avait quitté sa résidence lorsqu'ils l'ont trouvée endormie dans sa voiture.

Durant cet entretien d'une vingtaine de minutes, tôt mardi matin, Nasim Aghdam n'aurait jamais parlé de sa colère envers YouTube. Elle n'aurait donné aucun signe de détresse pouvant indiquer qu'elle représentait une menace pour elle-même ou pour les autres.

Selon le chef de police de Mountain View, Max Bosel, la conversation avec les policiers se serait déroulée de manière tout à fait normale.

Nasim Aghdam s'est pourtant rendue quelques heures plus tard dans un champ de tir avant de se rendre, avec une arme à feu, sur le campus des bureaux de YouTube au sud de San Francisco.

Cette description de la journée de la tireuse a été rendue publique, mercredi, alors que les policiers continuent de rassembler des informations au sujet de la femme et de ses motivations.

Les enquêteurs du Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs ont perquisitionné deux résidences du sud de la Californie où a vécu Mme Aghdam.

La porte-parole du bureau, Ginger Colbrun, a refusé de confirmer les lieux des perquisitions, mais des journalistes ont rapporté avoir vu des agents pénétrer dans des résidences de Menifee, au sud-est de Los Angeles, et de 4S Ranch, au nord de San Diego.

D'après une femme prénommée Leila qui s'est présentée comme une tante de la tireuse, Nasim Aghdam était «une très bonne personne» sans antécédents de maladie mentale.

La famille de la responsable de la fusillade a distribué une déclaration écrite mentionnant qu'elle était «en état de choc» et qu'elle «ne peut pas s'expliquer ce qui s'est produit».

«Bien qu'aucun mot ne peut décrire notre profonde douleur face à cette tragédie, notre famille veut exprimer ses plus sincères regrets, et sa tristesse pour ce qui est arrivé à ces innocentes victimes», peut-on lire dans le communiqué.

Elle détestait la compagnie

Nasim Aghdam accusait YouTube de la censurer et elle avait dit à ses proches qu'elle «détestait» la compagnie.

La police ne croit pas que Nasim Aghdam a visé spécifiquement les trois victimes quand elle a ouvert le feu dans une cour du siège social de YouTube.

Une source policière a toutefois révélé à l'Associated Press sous le couvert de l'anonymat que la femme, qui utilisait le nom «Nasime Sabz» en ligne, se querellait depuis longtemps avec la compagnie.

Un site internet qui porte ce nom dénonce les politiques de YouTube et accuse l'entreprise de chercher à «écraser» les créateurs de contenu. Un message mis en ligne sur le site affirme que «YouTube a filtré mes canaux pour les empêcher d'être vus». Le message ajoute que tous n'ont pas les mêmes chances sur YouTube et que «votre canal prendra de l'ampleur seulement s'ils le veulent».

Mme Aghdam «haïssait» YouTube et était furieuse que la compagnie ait cessé de la payer pour les vidéos qu'elle mettait en ligne, a raconté son père, Ismail Aghdam, au Bay Area News Group.

Il avait communiqué avec les policiers lundi pour les prévenir qu'il n'arrivait plus à joindre sa fille et qu'elle se rendrait possiblement aux bureaux de YouTube. La police l'a retrouvée vers 2 h, mardi, mais l'a laissée aller quand elle a refusé de répondre aux questions.

L'hôpital général de San Francisco a accueilli trois patients: un homme de 36 ans dans un état critique, une femme de 32 ans dans un état grave, et une femme de 27 ans dans une condition satisfaisante, a indiqué un porte-parole.

Des images de la télévision américaine ont montré des policiers en train de fouiller des gens qui sortaient de l'édifice, les mains en l'air. Plusieurs véhicules de police étaient dans les environs.