NOUVELLES
04/04/2018 18:08 EDT | Actualisé 04/04/2018 18:08 EDT

Des citoyens impliqués dès la conception d'un projet immobilier

L'organisme Vivre en ville espère que son concept «Oui dans ma cour» améliorera l'acceptabilité sociale des projets.

Getty Images/iStockphoto

Vous souhaitez modifier un projet qui va refaçonner votre quartier? Ce sera bientôt possible... si votre ville et le promoteur le veulent bien.

L'organisme Vivre en ville a lancé mercredi un nouveau programme baptisé «Oui, dans ma cour». L'idée est de réunir le promoteur d'un projet, les citoyens, la municipalité concernée ainsi que d'autres parties prenantes au sein d'un même comité qui aura la tâche de trouver des solutions aux préoccupations de chacun. Le comité présentera ainsi un nouveau projet conçu en partie par les citoyens eux-mêmes.

«Il y a de bons projets qui n'ont pas lieu parce qu'on ne s'est pas parlé dans le quartier. [...] C'est pour augmenter l'acceptabilité sociale de projets qui vont requalifier et densifier l'environnement urbain», affirme Christian Savard, directeur général de Vivre en ville.

Une première

Une première municipalité a accepté de prendre part à ce programme. À Sainte-Catherine, sur la Rive-Sud de Montréal, le promoteur Éric D'Avril souhaite construire 70 logements aux abords du fleuve Saint-Laurent. Son idée s'insère dans le projet de requalification du secteur Katéri, mais le projet s'est heurté à certaines réticences de la part des citoyens.

«Ça a été reçu difficilement par rapport à la hauteur et la densité. C'était trop haut, trop grand. Il y avait beaucoup de "pas dans ma cour". [...] Pour nous, c'est une remise en question sur le travail qu'on a accompli au cours des deux dernières années. Mais travailler avec les citoyens, c'est une bonne chose», affirme M. D'Avril.

Le comité s'est réuni une première fois le 27 mars. Il regroupe le promoteur, la Ville de Sainte-Catherine, huit citoyens, la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, ainsi qu'une société d'histoire venue se prononcer sur la protection d'un vieux bâtiment connu comme étant la «Maison bleue». Leurs travaux devront être complétés d'ici les quatre prochains mois.

Pas contraignant

Vivre en ville espère que le programme «Oui dans ma cour» permettra d'améliorer les projets et créer des consensus. Mais le promoteur conserve sa pleine liberté sur le projet final qui sera soumis à la municipalité, et la Ville conserve le pouvoir de l'accepter ou le refuser.

La Ville de Sainte-Catherine et le promoteur hésitent à s'engager formellement à respecter les résultats du comité de travail, coûte que coûte. Ils souhaitent toutefois que la méthode «Oui dans ma cour» fonctionne.

«La Ville participe à la conceptualisation du projet. Ça irait à l'encontre de l'idée de ce comité si le conseil municipal ne fait pas ce qui est proposé», affirme Marie-Josée Halpin, directrice de l'aménagement du territoire et du développement économique.

«Ce qu'on a compris, c'est qu'on est prêt à faire ce qu'il faut pour qu'ils soient contents et que les autres aussi s'engagent à faire ce qu'il faut pour qu'on soit contents nous aussi», souligne M. D'Avril.

Vivre en ville a aussi approché cinq autres municipalités, dont la Ville de Montréal, pour participer à «Oui dans ma cour». Des discussions ont lieu, mais l'organisme n'est pas à l'étape où il peut annoncer d'autres partenariats de ce type, selon M. Savard.