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04/04/2018 15:25 EDT | Actualisé 04/04/2018 16:09 EDT

Cambridge Analytica a accédé aux données de 87 millions d'utilisateurs de Facebook

Une «petite» différence de 37 millions d'usagers avec le bilan initial...

Dado Ruvic / Reuters

Le réseau social Facebook a revu mercredi à la hausse, à quelque 87 millions, le nombre d'utilisateurs dont les données ont été récupérées à leur insu par la firme Cambridge Analytica.

"Au total, nous pensons que les informations Facebook de jusqu'à 87 millions d'utilisateurs - la plupart aux Etats-Unis - ont pu être partagées de façon indue avec Cambridge Analytica", a écrit le groupe, qui évoquait jusque-là environ 50 millions d'usagers affectés.

Ce scandale touche aussi des Canadiens. Les données personnelles Facebook de plus de 620 000 Canadiens ont vraisemblablement été partagées de façon inappropriée avec la firme de consultation politique au coeur de ce scandale international sur le détournement de renseignements de réseaux sociaux à des fins politiques.

Dans une déclaration publiée mercredi, Facebook a affirmé que les données de 622 161 utilisateurs du réseau social au Canada avaient été obtenues par Cambridge Analytica par l'entremise d'applications qu'eux-mêmes ou des amis avaient utilisées.

Des 87 millions d'utilisateurs qui ont été touchés par ce partage de données, près de 82 pour cent d'entre eux se trouveraient aux États-Unis.

Lorsque le scandale a éclaté le mois dernier, le commissaire à la vie privée du Canada a lancé une enquête afin de déterminer si Facebook avait respecté les lois fédérales sur la vie privée encadrant les entreprises privées.

Le ministère des Institutions démocratiques a aussi indiqué être disposé à raffermir les lois fédérales sur la protection de la vie privée, qui ne s'appliquent pas actuellement aux partis politiques.

Le réseau aux plus de deux milliards d'utilisateurs est empêtré dans ce scandale depuis plus de deux semaines.

La firme Cambridge Analytica a récupéré, via un questionnaire psychologique auquel ont répondu 270 000 personnes, les données de 87 millions - selon le nouveau chiffre annoncé par Facebook - de leurs amis, en 2014. Cela a permis à la société britannique de se constituer une précieuse base de données avant d'être embauchée par l'équipe de campagne de Donald Trump.

A l'époque, les applications autorisées par une personne avaient accès aux données de ses amis, ce qui explique le très grand nombre de personnes affectées au final. Cette option a été supprimée en 2014, mais le PDG Mark Zuckerberg a reconnu que le réseau social devait mieux contrôler lui-même l'usage des données par les applications tierces.

Depuis ces révélations, qui font l'objet d'enquêtes et de plaintes des deux côtés de l'Atlantique, le groupe est cloué au pilori et ne cesse de communiquer pour promettre davantage de transparence.

Mark Zuckerberg s'expliquera la semaine prochaine devant des parlementaires américains sur ce scandale ainsi que sur sa réponse tardive aux manipulations politiques russes.

Les données personnelles sont au cœur du modèle économique de Facebook et d'autres groupes technologiques comme Twitter ou Google car elles permettent de cibler au plus près des contenus publicitaires, d'ordre commerciaux ou politiques.

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