BIEN-ÊTRE
04/04/2018 09:30 EDT | Actualisé 04/04/2018 11:32 EDT

Apprendre qu’on est enceinte quelques heures avant d’accoucher

« C'était mon bébé, je l'avais créée et je ne le savais même pas. »

Apprendre qu'on est enceinte, c'est à la fois excitant et bouleversant, mais quand on a huit mois (plus ou moins) pour s'y préparer, il est plus facile d'apprivoiser son nouveau rôle de mère. Mais qu'en est-il de celles qui ne l'apprennent que quelques mois, semaines ou même heures avant le grand jour?

C'est ce qui est arrivé à Danielle Hague, 26 ans, Denise Dearing, 42 ans, et Chloe Wood, 25 ans. Même si elles avaient toujours su qu'elles voulaient un jour devenir mamans, la nouvelle leur est arrivée au moment où elles s'y attendaient le moins.

« Ça a été un grand mélange de larmes et de confusion quand on l'a su », confie Danielle, de Bristol, qui a appris en janvier qu'elle était enceinte de près de six mois d'une fille, attendue pour le 10 mai 2018. « Mon copain, Josh, n'y croyait pas. On n'a parlé que de ça pendant deux ou trois jours avant de digérer la nouvelle. »

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Danielle Hague et son conjoint Josh.

Cela faisait deux ans que Danielle se faisait administrer un contraceptif injectable tous les trois mois. Lors d'un examen régulier en janvier 2018, l'infirmière lui a fait passer un test de grossesse de routine, qui s'est avéré être positif. Danielle affirme ne pas avoir trouvé de moyen d'expliquer le fait que le test qu'elle avait passé seulement trois mois auparavant résultait négatif. Il devait sûrement s'agir d'un faux négatif.

Le seul signal dont elle se souvient et qu'elle aurait pu mal interpréter était que ses seins avaient pris du volume pendant ce qui devait être le début de la grossesse. Elle s'était cependant dit que ce n'était qu'un effet secondaire de l'injection.

Chloe non plus n'a pas ressenti les premiers symptômes de la grossesse mis à part ses seins qui avaient grossi. Cependant, contrairement à Danielle, elle n'a appris qu'elle était enceinte qu'au moment de l'accouchement, après avoir attribué la cause de son insupportable douleur à une appendicite.

En 2011, Chloe, alors âgée de 18 ans, passe les vacances de Pâques à Cornwall avec des amis. Quelques jours seulement après le début du congé, elle éprouve une douleur qu'elle dit n'avoir jamais ressentie et reste toute la journée au lit. Après avoir pris des antidouleurs, elle se rend à la plage pour essayer de profiter du congé, mais doit appeler une ambulance au petit matin. « J'étais en travail, l'ambulancier m'a dit que j'allais accoucher », se rappelle Chloe. « J'étais terrifiée, mais aussi étrangement excitée. »

Rien ne portait à croire qu'elle était enceinte : elle avait ses règles et n'avait ni envies ni nausée. Elle pensait que ses seins avaient grossi parce qu'elle avait engraissé, ce qui ne la surprenait pas puisque son poids variait souvent.

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Chloe Wood et sa fille, Mia, quelque temps après la naissance.

Denise non plus ne se rendait pas compte de ses symptômes, mais son histoire est très différente. Elle reçoit un diagnostic de cancer du col de l'utérus en stade précoce en août 2001, à l'âge de 27 ans. Elle subit donc une trachélectomie, c'est-à-dire l'ablation du col de l'utérus, mais pas de l'utérus lui-même, dans le but de préserver sa fertilité. On lui dit aussi qu'elle pourrait avoir du mal à tomber enceinte et qu'elle aurait besoin de points de suture, si c'était le cas, pour prévenir une fausse couche.

Denise et son partenaire commencent à essayer d'avoir un enfant en 2002. En 2011, ils ont recours à la fécondation in vitro, mais vu la douleur intense qu'éprouve Danielle, ils ne retentent pas l'expérience. Au fil des ans, Denise rencontre d'autres problèmes de fertilité, notamment des kystes ovariens et une endométriose. Le couple envisage alors l'adoption et obtient le feu vert en février 2015. C'est durant ce processus que madame Dearing reçoit l'annonce de sa grossesse pendant une échographie de routine pour un de ses kystes.

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Denise Dearing, son mari et leur fils, George.

Denise avait l'habitude d'avoir des menstruations irrégulières à cause de ses problèmes gynécologiques et n'aurait jamais pensé qu'une grossesse serait envisageable.

« Je discutais avec l'infirmière de notre projet d'adoption pendant l'échographie et le docteur lui a demandé si elle savait que je portais un bébé », nous confie Denise, « J'ai mis du temps à comprendre, puis l'infirmière m'a dit : ''Avez-vous entendu ce qu'il vient de dire? Vous êtes enceinte.'' Elle n'avait jamais vu quelqu'un avoir l'air si choqué! » On lui dit durant la visite qu'elle porte un garçon depuis environ quatre mois et demi. « Ils m'ont fait asseoir dans la salle d'attente jusqu'à ce que j'arrête de trembler avant de me laisser retourner chez moi », se souvient-elle. « J'étais venue seule, je pensais que c'était seulement une visite de routine. »

Quand elle arrive chez elle et que son mari lui demande comment la visite s'est passée, elle répond : « Et bien, je suis enceinte de quatre mois et c'est un garçon. » Il s'assoit « bouche bée, estomaqué » et des larmes se mettent à couler le long de son visage. « Il m'a donné un énorme câlin », se rappelle-t-elle. « Il était sous le choc comme moi et n'en croyait pas ses oreilles. Je lui ai raconté toute l'histoire de l'échographie et on s'est tout simplement enlacés. »

Cette nouvelle va bouleverser la vie de ces trois femmes, mais celles-ci l'accueillent avec le sourire. Denise doit prendre congé de son travail parce que sa grossesse est risquée et on lui ordonne de se reposer le plus possible. C'est déjà trop tard pour les points de suture. On ne peut prévenir une éventuelle fausse couche. Elle donne quand même naissance à son fils, George, à 39 semaines, le 7 juin 2016. « La réalité m'a frappée en plein visage », avoue-t-elle. « Je n'avais aucune idée de ce que je faisais et ils n'ont pas retiré tout le placenta. J'étais donc de retour à l'hôpital peu après à cause d'une grave infection. »

La famille fait face à quelques complications en raison d'une sténose du pylore dont souffre George (il s'agit d'un trouble de digestion qui peut affecter les nourrissons), mais Denise dit qu'il est comme un bébé tout neuf après son opération. « C'est notre petit miracle à nous », ajoute-t-elle.

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Le fils de Denise, George, peu après sa naissance.

Au début, Chloe a du mal à s'habituer à la vie de parent. Lorsqu'elle apprend qu'elle va accoucher, elle se sent « bouche bée, paralysée et seule monde ». Elle met au monde sa petite fille, Mia, peu après son arrivée à l'hôpital : « Elle avait des cheveux noirs très fins et les plus beaux traits du monde, elle ressemblait à une petite poupée. Je l'ai tenue dans mes bras et me suis mise à pleurer. C'était un mélange de peur et de joie, je crois. C'était mon bébé, je l'avais créée et je ne le savais même pas. 48 heures auparavant, j'étais une adolescente normale, maintenant j'étais une mère.

» Ça a été dur d'abord de m'habituer à mon rôle de mère, j'ai vraiment eu du mal. Mais ensuite j'ai pris le tour et ma mère m'a vraiment aidée. Je ne saurai jamais pourquoi je n'avais pas de symptômes de grossesse, pourquoi mon ventre n'a pas grossi ou pourquoi je n'ai jamais senti mon bébé bouger à l'intérieur de moi. »

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Chloe Wood et ses enfants, Mia et Theo.

Dans les jours et les semaines qui suivent l'accouchement, Chloe peut compter sur l'aide de ses grands-parents, de sa mère et de son beau-père, qui mettent tous la main à la pâte pour s'assurer qu'elle ne manque de rien. Même si les premières semaines s'avèrent difficiles, elle finit par s'habituer. « Je sais maintenant que ma fille est le plus beau cadeau que j'aie pu recevoir », affirme-t-elle. « Elle va bientôt avoir sept ans et elle me fait sourire tous les jours. Depuis, j'ai eu un petit garçon, Theo, qui est né en mai 2013. »

Danielle, qui est encore enceinte, essaye de se concentrer sur les aspects positifs de devenir maman pour la première fois, même si elle anxieuse de nature. Il y a à peine quelques mois, elle et Josh parlaient d'émigrer en Australie. Maintenant, ils passent leurs soirées à s'informer sur les bénéfices pour les bébés du massage et de l'allaitement. « La première partie de la grossesse peut être pleine d'anxiété et de questionnement », affirme-t-elle. « Je suis heureuse d'être arrivée jusqu'ici sans que mon bébé et moi ayons subi trop de stress inutile. Tout le monde parle de ce ''lien'' et ce n'est pas un mythe. Qu'on l'apprenne tout de suite ou au dernier moment, l'instant où on nous annonce qu'on va avoir un bébé, il devient notre priorité numéro un. »

Aujourd'hui, Danielle et Josh n'en peuvent plus d'attendre la naissance de leur petite fille, « Je peux dire en toute honnêteté que je ne serais pas aussi contente et confiante en mes capacités de devenir maman si je n'avais pas Josh », nous confie-t-elle. « Ce à quoi j'ai le plus hâte, c'est de la voir apprendre et d'être celle qui lui enseignera des choses. J'ai hâte de lire avec elle et de l'emmener à la piscine. J'ai aussi vraiment hâte de la filmer la première fois qu'elle mordra dans un citron. J'adore ces vidéos YouTube. »

Ce texte a été traduit du HuffPost UK.

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