POLITIQUE
03/04/2018 17:11 EDT | Actualisé 03/04/2018 17:12 EDT

Le SPVM ne sait pas pourquoi ses communications avec les services frontaliers ont augmenté

Le statut de ville sanctuaire devrait limiter la collaboration entre le SPVM et les services frontaliers.

La Presse Canadienne

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) peine à savoir pourquoi ses agents communiquent plus souvent avec les services frontaliers depuis l'adoption du statut de ville sanctuaire. Ce statut vise justement le résultat inverse.

Des chiffres dévoilés jeudi par le HuffPost Québec montrent que le SPVM est devenu, en 2017, le champion canadien des communications avec l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Plus de 80% des requêtes à l'Agence concernent le statut d'immigration d'une personne.

Notre reportage a causé certains questionnements au sein du SPVM selon l'inspecteur Caroline Cournoyer.

«Lorsqu'on a vu les chiffres, on a été surpris de voir la différence. On procède à des vérifications avec l'Agence pour voir c'est quoi la ventilation des chiffres», affirme-t-elle.

Mme Cournoyer était responsable des demandeurs d'asile l'été dernier, lorsqu'une vague de migrants en provenance des États-Unis a nécessité des mesures d'hébergement d'urgence, notamment au Stade olympique. Elle ne croit pas que cette vague soit à l'origine de l'augmentation notable des communications avec l'ASFC en 2017.

«J'étais la personne responsable des demandeurs d'asile en 2017. [...] On était présents au Stade, il n'y a pas eu de demandes d'enquêter ou pas sur le statut d'immigration de ces personnes», dit-elle.

L'inspecteur Cournoyer note que certaines municipalités ont des chiffres très bas. À Ottawa, où 20% de la population est issue de l'immigration, le service de police n'a fait que 87 requêtes à l'ASFC en 2017. Au cours de la même période, le SPVM en a fait 3608.

Selon le militant Jaggi Singh, de nombreux immigrants sans statut craignent d'être déportés à la suite d'interventions banales avec le SPVM, comme une contravention pour avoir traversé la rue au mauvais endroit.

Selon Mme Cournoyer, les personnes interpellées devraient s'identifier si elles ne souhaitent pas que leur statut d'immigration soit vérifié.

«Si la personne s'identifie, on n'a pas besoin d'appeler l'ASFC. C'est la loi qui dicte ça», affirme-t-elle.

La mairesse de Montréal a réitéré son intention d'instaurer de nouvelles mesures pour que le statut de ville sanctuaire devienne une réalité plus concrète. Un plan d'action devrait être présenté sous peu.