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03/04/2018 10:43 EDT | Actualisé 03/04/2018 10:43 EDT

Accident mortel causé par une Tesla en AutoPilot: ce qui s'est probablement passé

Un autre propriétaire a testé un parcours similaire. Et on y voit clairement ce qui a pu mal tourner.

Sale temps pour les voitures autonomes. Après l'accident mortel entre un piéton et un véhicule de test d'Uber, c'est le système AutoPilot de Tesla qui est maintenant impliqué dans un autre crash fatal.

Une Tesla de la gamme Model X a percuté une glissière de sécurité en béton sur une autoroute le 23 mars près de Moutain View, en Californie. Le conducteur, identifié par la presse locale comme étant un homme de 38 ans, est mort plus tard à l'hôpital. Et une récente vidéo permet de mieux comprendre ce qui s'est passé.

"Dans les instants avant la collision (...) l'AutoPilot était engagé", a expliqué Tesla dans un communiqué diffusé ce vendredi 30 mars. Et justement, le dimanche 1er avril, un utilisateur de YouTube, "cpddan", a mis en ligne une vidéo où il a reproduit un trajet similaire à celui effectué par la Tesla lors de l'accident mortel.

On y voit clairement la voiture sortir de sa voie et foncer en direction du bloc de béton qui sépare les deux routes. Electrek estime que la ligne blanche à gauche de sa voie étant à moitié effacée, la voiture a suivi la ligne de droite de l'autre voie.

Mais comment cela se fait-il que l'AutoPilot n'ait pas vu l'immobile bloc de béton sur lequel fonçait la voiture? Il faudra attendre les conclusions de l'enquête pour en être certain. Pour autant, cela n'est pas illogique. En effet, comme le rappelle Wired, le mode AutoPilot de Tesla utilise comme capteurs principaux des radars, des capteurs à ultrason et des caméras.

Et le radar peut avoir beaucoup de mal à détecter un objet immobile si la voiture va trop vite. Cette limitation est même explicitée dans le manuel de l'AutoPilot. C'est notamment pour cela que les concurrents utilisent des lidars, une sorte de "radar laser", sensés être plus efficaces. Une technologie "inutile", disait encore Elon Musk un mois plus tôt, l'ensemble de capteurs des Tesla étant suffisant.

Reste à savoir pourquoi les autres capteurs, caméras et ultrasons, n'ont pas détecté la collision. En tout cas, l'utilisateur de Youtube qui a mis en ligne la vidéo a refait un test le lendemain matin, en pleine journée et avec plus de monde sur la route. Et la voiture a cette fois suivi la bonne ligne.

Mais comme le test a été réalisé avec une autre Tesla, difficile de dire si ce sont uniquement les conditions lumineuses qui changent la donne.

L'AutoPilot n'est pas un mode (vraiment) autonome

En attendant d'en savoir plus, Tesla a surtout rappelé que l'AutoPilot, contrairement à ce que son nom indique, n'est pas un système permettant une autonomie complète du véhicule, loin s'en faut. Il est d'ailleurs précisé lors de la première utilisation que le conducteur doit rester maître du véhicule et garder les mains sur le volant. Un peu comme avec un simple régulateur de vitesse.

"Le conducteur avait reçu plusieurs avertissements visuels et un (avertissement) audible le prévenant qu'il devait maintenir les mains (sur le volant) plus tôt et les mains du conducteur n'ont pas été détectées sur le volant pendant les six secondes ayant précédé la collision", a expliqué Tesla. "Le conducteur a eu environ cinq secondes et 150 mètres de vue dégagée sur la barrière et la partie endommagée de la glissière de sécurité mais les enregistrements du véhicule montrent qu'aucune action n'a été entreprise".

La société d'Elon Musk a dans le même temps rappelé qu'"Il y a plus d'un an, le gouvernement américain avait estimé que la première version d'AutoPilot réduisait le taux de collision de 40%".

A l'époque, le régulateur des transports américain (NTSB) enquêtait sur un autre accident mortel qui avait eu lieu alors que l'AutoPilot était enclenché. L'enquête avait dédouané les voitures semi-autonomes d'Elon Musk. Reste à voir quelle sera la conclusion du NTSB cette fois-ci.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.