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29/03/2018 12:50 EDT | Actualisé 29/03/2018 12:50 EDT

Un chirurgien est radié pour trois mois après le décès d'une patiente

La famille de Mme Corbeil-Châtillon avait intenté une poursuite en Cour supérieure contre le médecin en janvier 2016.

Un chirurgien de Rouyn-Noranda a été radié pour une période de trois mois par le Collège des médecins à la suite du décès d'une de ses patientes, survenu en janvier 2014.

Le docteur Alexandre Viau avait procédé à une appendicectomie à l'endroit d'Emanuelle Corbeil-Châtillon, une infirmière âgée de 27 ans, le 11 décembre 2013.

Celle-ci avait ressenti de vives douleurs deux semaines plus tard et s'était finalement présentée à l'urgence du Centre hospitalier de Rouyn-Noranda le 30 décembre.

Un examen d'imagerie médicale avait alors montré la présence d'un abcès postopératoire et une décision préliminaire d'effectuer un drainage avait été prise.

Mme Corbeil-Châtillon avait reçu son congé temporaire de l'hôpital et devait se présenter le 1er janvier pour la procédure, mais le docteur Viau avait annulé le drainage et s'en était remis à la prise d'antibiotiques.

La dame était donc rentrée chez elle et était morte dans son lit dans la nuit du 1er au 2 janvier d'un choc septique, selon le rapport du coroner.

Le docteur Jean-Pierre Gagné, expert retenu pour l'analyse de la cause, conclut que «tout s'oriente vers un drainage chirurgical pour le lendemain (du 30 décembre)» et que de l'avoir laissée rentrer chez elle était «la conduite la plus risquée».

Le Conseil conclut à une erreur de diagnostic — erreur admise par le docteur Viau qui reconnaît «ne pas avoir pris la bonne décision».

«Le Conseil (de discipline) ne peut passer sous silence que la crédibilité de la profession est remise en cause par l'infraction commise par l'intimé et la confiance du public est grandement atteinte», peut-on lire dans la décision.

Dans sa décision, le Conseil de discipline du Collège des médecins précise que «la sanction vise non pas à punir le professionnel fautif, mais à assurer la protection du public» ajoutant que cette sanction doit avoir un effet dissuasif et exemplaire.

Manque d'expérience

Parmi les facteurs atténuants, le Conseil retient le manque d'expérience du docteur Viau, qui n'était détenteur d'un permis d'exercice de la médecine que depuis 2012 et qu'il ne détenait son permis de spécialiste en chirurgie générale que depuis six mois au moment du tragique événement.

Le Conseil note aussi que le médecin a plaidé coupable, qu'il n'a aucun antécédent disciplinaire et qu'il a exprimé à maintes reprises ses regrets.

En contrepartie, il retient des manquements dans l'élaboration du diagnostic et le défaut de se présenter au chevet de la patiente le 1er janvier pour faire lui-même un examen approfondi avant de prendre sa décision comme étant des facteurs aggravants

Poursuite civile

La famille de Mme Corbeil-Châtillon avait intenté une poursuite de près de 690 000 $ en Cour supérieure contre le médecin en janvier 2016.

La poursuite visait également le radiologiste qui avait diagnostiqué l'abcès, le docteur Guy Faribault.

Cette poursuite a fait l'objet d'un règlement hors cour dont le montant n'a pas été rendu public entre le docteur Viau et la famille.

La famille avait par ailleurs laissé tomber la poursuite contre le docteur Faribault, qui n'a jamais fait l'objet d'une plainte devant le Collège des médecins.