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29/03/2018 17:08 EDT | Actualisé 29/03/2018 17:16 EDT

Rad, le nouveau journalisme de Radio-Canada

Les médias digitaux bousculent l’information traditionnelle.

Radio-Canada)

Ce n'est plus un secret pour personne. Les médias digitaux bousculent l'information traditionnelle. En quelques années seulement des noms comme Vice, Buzzfeed ou Vox ont su s'imposer en séduisant des millions de jeunes friands de formats originaux. De son côté, Radio-Canada propose Rad, une nouvelle offre journalistique destinée à attirer les milléniaux.

Bientôt à la retraite, Michel Cormier, directeur de l'information à Radio-Canada, ne cache pas sa satisfaction de voir Rad voler de ses propres ailes. Lors d'une rencontre organisée mardi dans les bureaux de la société d'État avec plusieurs représentants des médias et certaines des têtes pensantes chez Rad, l'homme a partagé sa fierté d'accompagner l'arrivée de cette nouvelle forme de journalisme plus proche des réseaux sociaux que du téléviseur.

«L'objectif de Rad, c'est d'atteindre les jeunes adultes qui ne sont pas devant le petit-écran et qui pourtant devraient être notre prochain public à Radio-Canada, a déclaré Michel Cormier. On peut dire que Rad est un succès de journalisme puisque je pense qu'on a réussi le pari de faire du journalisme vérifié, intègre et crédible tout en rejoignant un nouveau public.»

Organisé en 2017 en mode laboratoire, Rad regroupe aujourd'hui une équipe multidisciplinaire d'une quinzaine de personnes, incluant six journalistes, des professionnels issus du monde des start-up, des experts en marketing et des spécialistes en numérique.

«Au début, on ne voulait pas que les employés de Rad se fassent avaler par la "machine", a raconté M. Cormier. Alors, au lieu de les installer dans la salle de rédaction, on a décidé de les isoler dans un genre de laboratoire. Pour développer de nouveaux formats de journalisme, il a fallu mettre en place une nouvelle impulsion de création. On les a laissés travailler et le résultat se nomme Rad, un média à part entière.»

L'avenir du journalisme

À coups de reportages variés, dont les sujets vont du piratage informatique au burn-out en passant par les nouvelles voix du rap québécois ou l'aide médical à mourir, l'offre, disponible sur Instagram, YouTube et Facebook, secoue les habitudes journalistiques «radio-canadiennes».

Michel Cormier parle même d'un véritable «buzz» qui, d'après les chiffres fournis par la chaîne publique, a déjà atteint sur les réseaux sociaux plus de 20 millions de personnes avec un taux d'engagement (les partages, les commentaires, les clics, etc.) moyen de 8 %, ce qui représente «le double de la moyenne générale », selon Karim Boudiba, chef de produit numérique à Rad.

Ce contenu offert dans des plateformes autres que celles de Radio-Canada semble idéal pour accrocher les «citoyens numériques», mais peut-être à risque lorsqu'il s'agit de céder du contenu à des entreprises privées comme Facebook. La compagnie américaine de Mark Zukerberg est d'ailleurs présentement en pleine tourmente pour n'avoir pas su protéger les données privées de 50 millions de ses utilisateurs.

«C'est vrai qu'on est beaucoup sur Facebook, a admis Karim Boudiba. Mais il faut prévoir ce qui va se passer. Est-ce qu'on veut vraiment garder le contenu là, ou veut-on les rapatrier sur nos propres plateformes? C'est ce que l'on commence à faire.»

Le fait que Rad s'implante dans la réalité numérique ne fait aucun doute pour le directeur de l'information qui voit dans ce nouveau journaliste l'avenir de la profession. «On est très content de constater qu'autour de Rad, il existe une communauté qui est en train de se créer en dehors des réseaux habituels de Radio-Canada. Même si l'on ne peut pas vraiment se passer des réseaux sociaux existants, notre stratégie, c'est effectivement de ramener davantage les gens sur nos propres plateformes.»

Les reportages de Rad peuvent être visionnés sur le site Rad.ca, ainsi que sur les réseaux sociaux.

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