POLITIQUE
29/03/2018 15:23 EDT | Actualisé 29/03/2018 15:23 EDT

Le PQ dénonce l'appui des libéraux aux garderies privées non subventionnées

Dans son budget déposé mardi, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé une bonification du crédit d'impôt remboursable offert aux parents qui placent leur enfant dans une garderie privée non subventionnée.

La porte-parole du PQ sur les questions reliées à la famille, Véronique Hivon a dénoncé le choix de Québec de faire en sorte d'annuler la différence de coûts entre le CPE et la garderie privée non subventionnée.
THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
La porte-parole du PQ sur les questions reliées à la famille, Véronique Hivon a dénoncé le choix de Québec de faire en sorte d'annuler la différence de coûts entre le CPE et la garderie privée non subventionnée.

Le gouvernement Couillard incite les parents à opter pour des services de garde commerciaux de moindre qualité que les Centres de la petite enfance (CPE), selon l'opposition péquiste.

La porte-parole péquiste sur les questions reliées à la famille, la députée Véronique Hivon, a dénoncé jeudi en conférence de presse le choix de Québec de faire en sorte d'annuler la différence de coûts entre le CPE et la garderie privée non subventionnée.

Cette approche gouvernementale aura pour effet, selon elle, de favoriser le développement des services de garde privés non subventionnés, donc à but lucratif et réputés de moindre qualité que les CPE.

Dans son budget déposé mardi, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé une bonification du crédit d'impôt remboursable offert aux parents qui placent leur enfant dans une garderie privée non subventionnée.

Ainsi, le plafond de frais de garde admissibles au crédit d'impôt passe de 9000 $ à 9500 $, pour les enfants de moins de 7 ans. Pour les parents, cela peut faire une différence allant de 130 $ à 375 $ dans le portefeuille, selon leur revenu annuel.

Lorsqu'il est question de services de garde, le gouvernement Couillard dit viser à assurer «la liberté de choix» des parents, sans privilégier un modèle en particulier. Il vise aussi à faire en sorte qu'il n'en coûte pas plus cher aux parents de choisir une place en garderie privée non subventionnée plutôt qu'en Centre de la petite enfance (CPE), qui offre un tarif réduit.

Québec se privera ainsi de 85 millions $ de revenus annuellement.

En Chambre, durant la période questions, la députée a déploré le «parti pris» du gouvernement pour les garderies privées, disant avoir calculé que depuis l'élection des libéraux le nombre de places en garderies privées «commerciales avait littéralement explosé de 3600 pour cent».

Cette bonification du crédit d'impôt constitue en fait pour les parents un «incitatif financier supplémentaire» à retirer leur enfant du CPE pour le placer dans une garderie privée non subventionnée, selon elle, et ce, même si la qualité supérieure du service offert en CPE a été maintes fois démontrée et documentée, «notamment par l'Institut de la statistique du Québec».

La vice-cheffe du Parti québécois estime que le gouvernement vit une contradiction, en tenant un discours sur la réussite éducative des enfants en bas âge et le dépistage précoce des problèmes d'apprentissage, tout en favorisant l'essor des garderies commerciales, qui ne sont pas tenues de respecter les mêmes normes que les CPE.

«On constate que les gestes qui sont posés vont complètement à l'encontre de la réussite éducative», selon elle.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a répliqué en affirmant que le gouvernement n'avait pas «de préjugé favorable envers aucun service» de garde en particulier.

«Les parents sont les mieux placés pour faire les bons choix pour leurs enfants», a soutenu le ministre, faisant valoir qu'il ne fallait pas choisir un service de garde «sur la base de considération financière».

Il a confirmé l'intention du gouvernement de développer à la fois le réseau des CPE et celui des garderies privées non subventionnées.

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