POLITIQUE
28/03/2018 06:45 EDT | Actualisé 28/03/2018 16:01 EDT

Mélanie Joly promet de l'argent pour l'immigration francophone en milieu minoritaire

«C'est le plus gros investissement en langues officielles de notre histoire», affirme la ministre.

Mélanie Joly sur le tapis rouge des Juno Awards.
Phillip Chin via Getty Images
Mélanie Joly sur le tapis rouge des Juno Awards.

Le plan d'action sur les langues officielles du gouvernement Trudeau injecte 500 millions $ sur cinq ans. Environ les deux tiers de cette somme iront directement dans la poche des organismes dans les communautés de langue minoritaire.

Cet argent s'ajoute aux 2,2 milliards $ sur cinq ans qu'elles reçoivent déjà de façon permanente.

Le plan comprend trois piliers, soit le renforcement des communautés, un meilleur accès aux services en français et la promotion du bilinguisme. Il prévoit notamment des sommes importantes pour la petite enfance et l'immigration francophone en milieu minoritaire, deux mesures qui visent à assurer la pérennité des communautés.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a dévoilé mercredi, en compagnie du premier ministre Justin Trudeau, son plan d'action 2018-2023 qui doit mettre fin à dix ans de stagnation financière pour les communautés de langue minoritaire. Le gouvernement Trudeau veut ainsi marquer le retour en force du fédéral comme défenseur des langues officielles.

Ils ont été chaudement applaudis à leur arrivée dans le gymnase de l'école Mauril-Bélanger à Ottawa où étaient réunis des dizaines d'intervenants du milieu francophone.

"Ce n'est pas un secret que le français à l'extérieur du Québec a pris du recul dans les dernières années", a constaté M. Trudeau.

"Pendant presque dix ans, le gouvernement conservateur a choisi de sous-investir dans les programmes, signalant clairement que le maintien du caractère bilingue de notre pays n'était tout simplement pas une priorité pour eux", a-t-il ajouté.

Le dernier budget fédéral prévoyait une enveloppe de 400 millions $ à compter de l'an prochain et 88,4 millions $ annuellement par la suite. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) avait plutôt demandé 575 millions $.

"C'est un plan qui vise à renforcer nos communautés, s'assurer justement de leur vitalité, et puis c'est un plan qui vise des investissements dans deux domaines qui, par le passé, n'étaient pas encore soutenus, qui sont ceux de la petite enfance et ceux de l'immigration francophone", a affirmé la ministre Joly dans une entrevue exclusive avec La Presse canadienne.

Le plan d'action sur les langues officielles jettera les bases d'une première stratégie nationale sur l'immigration francophone en milieu minoritaire dont les détails seront dévoilés ultérieurement. Ottawa veut augmenter à 4,4 pour cent la proportion d'immigrants francophones à l'extérieur du Québec d'ici 2023. Il prévoit 40,8 millions $ sur cinq ans pour atteindre cette cible et s'assurer que les nouveaux arrivants puissent obtenir les services d'intégration dont ils ont besoin en français.

Il créera également davantage de places dans les garderies francophones à l'extérieur du Québec en injectant 20 millions $ sur cinq ans.

Une large part des sommes prévues ira directement dans les communautés. La FCFA se plaignait que les organismes francophones ne recevaient par le passé que 0,25 $ pour chaque dollar alloué, le reste servant à financer la bureaucratie fédérale et provinciale. Le financement de base des organismes augmente de 70 millions $ sur cinq ans et atteindra le montant total de 320 millions $.

"Nous les choix qu'on a faits, c'est que la majorité des investissements vont directement aux communautés, la très grande majorité, plutôt qu'aux gouvernements provinciaux et fédéral", a assuré Mme Joly.

L'éducation en français constitue également un pan important du plan d'action avec des sommes pour la formation d'enseignants de français comme langue maternelle et comme langue seconde, pour les écoles et les centres communautaires et les activités culturelles en milieu scolaire.

Les communautés anglophones du Québec ont également leur part du gâteau, particulièrement celles à l'extérieur de Montréal. Des sommes seront notamment destinées à des projets spéciaux avec l'appui du Secrétariat aux relations avec les Québécois d'expression anglaise créé par le gouvernement Couillard.

Un montant est également prévu pour aider Ottawa, la capitale canadienne, à devenir bilingue. Un projet de loi pour officialiser ce statut avait été adopté par la législature ontarienne en décembre.

Le plan d'action sur les langues officielles fait suite à une série de consultations qui ont eu lieu en 2016 dans 22 villes partout au pays.

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