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28/03/2018 16:31 EDT | Actualisé 28/03/2018 16:38 EDT

Le plaidoyer d'Alexandre Bissonnette n'efface pas le mal, selon la communauté musulmane

Son plaidoyer apportent au moins un certain soulagement, surtout pour les familles des victimes.

Si les plaidoyers de culpabilité d'Alexandre Bissonnette apportent un certain soulagement à la communauté musulmane de Québec, ses représentants estiment que le mal a été fait et que sa déclaration publique n'apporte pas toutes les réponses considérant l'ampleur de la tragédie.

Alexandre Bissonnette a été déclaré coupable mercredi des 12 chefs d'accusation portés contre lui pour la tuerie survenue à la Grande Mosquée de Québec le 29 janvier 2017: six chefs de meurtre au premier degré et six chefs de tentative de meurtre.

Les six veuves des hommes abattus ce jour-là étaient dans la salle de cour où le juge François Huot a déclaré Alexandre Bissonnette coupable, mercredi. Elles étaient accompagnées de nombreux membres de la communauté musulmane de la ville.

L'un d'entre eux, Boufeldja Benabdallah, l'actuel président du Centre culturel islamique de Québec, où se trouve la mosquée qui a été le théâtre de l'attentat, a d'abord spontanément parlé de soulagement.

Qu'il n'est pas un terroriste, ça, ce sont ses arguments.Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec

Les plaidoyers de culpabilité de l'accusé ont permis d'éviter le procès, qui devait durer deux mois.

«Ça permet de soulager toute la communauté et surtout les familles des victimes», a opiné Mohamed Labidi, qui était président du Centre culturel islamique au moment de l'attentat et qui a aussi rencontré les médias après l'audience

Alexandre Bissonnette a lu en cour mercredi une déclaration dans laquelle il demande pardon pour ce qu'il a fait, et déclare ne pas être un terroriste ni être islamophobe.

«Qu'il n'est pas un terroriste, ça, ce sont ses arguments», a rétorqué M. Benabdallah.

«Le mal est fait», a-t-il ajouté.

«On est restés sur notre faim avec la déclaration de Bissonnette», a pour sa part souligné M. Labidi.

«Ça a été très, très court», a-t-il dit au sujet de la déclaration.

«Et il n'y a pas réponse à toute l'ampleur de la tragédie», a-t-il ajouté.

La Presse canadienne/Jacques Boissinot
Boufeldja Benabdallah et Mohamed Labidi ont rencontré la presse après le plaidoyer d'Alexandre Bissonnette.

Quant à la demande de pardon qu'il a formulée, «ce n'est pas une chose facile, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut leur laisser faire leur deuil», a dit M. Benabdallah au sujet des familles des victimes.

D'ailleurs, leur deuil ne s'est pas terminé aujourd'hui avec les plaidoyers de culpabilité, a précisé M. Labidi.

«Vous avez vu les gens? Les gens étaient encore très affectés. Beaucoup pleuraient. Les gens sont encore sous le choc», a décrit M. Benabdallah.

Et puis tout n'est pas terminé, ont rappelé les deux hommes: la peine n'a pas encore été prononcée.

Quant à savoir s'il y avait une possibilité de rédemption pour Alexandre Bissonnette, M. Benabdallah a rapidement rétorqué qu'il est trop tôt pour cela: «On n'est pas là. Personne ne discute de cela».

Il souhaite qu'Alexandre Bissonnette reçoive une peine maximum et exemplaire pour bien montrer «que la société n'a pas à subir ce genre de choses».