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27/03/2018 00:26 EDT | Actualisé 27/03/2018 00:35 EDT

Pour Vladimir Guerrero fils, Montréal rime avec crème glacée

Il était encore bien jeune quand son père a quitté les Expos, mais l'espoir des Blue Jays a gardé des souvenirs culinaires de Montréal!

Christian Labarre-Dufresne

MONTRÉAL - Pour la première fois de sa jeune carrière, Vladimir Guerrero fils a disputé une rencontre au Stade olympique où son célèbre père a fait la pluie et le beau temps durant ses belles années avec les Expos.

Celui qui est classé troisième meilleur espoir selon Baseball America fait partie du contingent de joueurs des Blue Jays de Toronto qui disputent deux matchs préparatoires, lundi et mardi, à Montréal.

Né dans la métropole il y a 19 ans presque jour pour jour, le joueur de troisième but a passé une partie de sa jeunesse à Montréal étant donné que son père a évolué avec les Expos jusqu'en 2003.

Il est assez rare qu'un enfant de 4 ans conserve beaucoup de souvenirs du début de sa vie, mais le fils du membre du Temple de la renommée en a un bien précis: le congélateur rempli de crème glacée dans le couloir du Stade olympique. C'est d'ailleurs une des premières choses qu'il a essayé de trouver en arrivant au stade.

«Je le cherchais parce que je m'en souvenais, mais malheureusement, il n'était plus là. Chaque fois que je venais ici avec mon père, c'était toujours une des premières choses que je faisais. Je prenais une crème glacée!» a raconté en espagnol le fils de celui que tout le monde appelait simplement «Vlad», durant une conférence de presse précédant le match de lundi.

Avec son physique (6'1'' et plus de 200 livres), on se doute que Guerrero fils, qui commencera la saison au niveau AA, aime bien casser la croûte. Et c'est d'ailleurs ce qu'il a fait en débarquant à Montréal avec un célèbre mets québécois qui lui plaît énormément: la poutine.

Andre Forget / Reuters
Vladimir Guerrero père et fils, le 29 septembre 2002, au Stade olympique. Vladimir fils était âgé de 3 ans.

«Je ne me souviens pas beaucoup des lieux, mais je me souviens de la nourriture», a lancé le prometteur joueur d'avant-champ, dont les paroles étaient traduites par l'interprète des Jays et ancien joueur des Capitales de Québec, Josué Peley.

Étant né à Montréal, il s'agit un peu d'un retour aux sources pour celui qui a passé la majorité de sa vie en République dominicaine, le pays d'où son père est originaire.

«En le voyant ce matin, je lui ai dit "bienvenue à la maison" et il a souri», a relaté Tim Raines, ancienne étoile des Expos qui est maintenant un instructeur dans l'organisation des Jays.

Quand je suis rentré dans le vestiaire, je me suis senti comme si j'étais à la maison. Je ne me souviens pas de grand-chose, mais je suis content d'être ici.Vladimir Guerrero fils

Bien qu'il a aimé rigoler durant sa conférence de presse, Vladimir Guerrero fils est extrêmement sérieux dès qu'il a un bâton entre les mains. Être un joueur de baseball est son rêve depuis «qu'il est sorti du ventre de sa mère» et le puissant cogneur met les bouchées doubles pour gravir les échelons vers le baseball majeur. Il voit même d'un bon oeil le fait d'entamer la saison dans la filiale AA des Torontois.

«C'est une très bonne décision de la part de l'équipe puisque la décision qu'ils (les dirigeants de l'équipe) prennent, c'est pour mon bien. Je vais aller faire mon travail et contrôler ce que je peux. Le reste des décisions, ça appartient à l'équipe. Je vais simplement avoir du plaisir et essayer d'aider l'équipe de n'importe quelle façon», a-t-il humblement mentionné.

«Je crois qu'au baseball, il y a toujours de la place pour faire mieux. Il faut que je m'améliore au bâton et en défense, mais je crois que ça va venir avec l'expérience. Plus je vais jouer, plus je vais devenir meilleur», a-t-il enchaîné plus tard dans la conférence de presse.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Vladimir Guerrero fils a reçu un bel accueil de la part de la foule du Stade olympique lorsqu'il a fait son entrée dans le match, lundi.

Les comparaisons inévitables avec papa

Étant voué à un bel avenir, le jeu des comparaisons avec son père est inévitable.

Vladimir Guerrero senior, qui ne pouvait pas se déplacer à Montréal pour voir évoluer son fils, a terminé sa carrière avec 449 circuits, 2590 coups sûrs et une moyenne de ,318. Des statistiques qui lui permettront de faire son entrée à Cooperstown cet été.

L'ancien no 27 des Expos, le même que porte son fils avec les Jays, était reconnu pour son puissant bras au champ droit, mais aussi pour sa capacité à frapper n'importe quelle balle qui lui était lancée, qu'elle soit près ou non de la zone des prises. Si Guerrero fils a beaucoup appris de son père et qu'il a imité plusieurs de ses comportements sur le terrain, celui-là ne fait pas partie du lot.

«En République dominicaine, mon père me lançait un exercice au bâton quand j'étais jeune. Il m'a lancé une balle basse que j'ai décidé de la frapper quand même. Elle est allée directement sur mon nez, a affirmé l'espoir des Jays, ce qui a fait éclater de rire les journalistes sur place. Je me suis dit que plus jamais ça ne se produirait et que j'allais seulement frapper des prises.»

Très calme devant la presse, un exercice d'ailleurs que son père ne faisait quasiment jamais, Guerrero fils a aussi une personnalité bien différente de son paternel.

«Il est plus ouvert que son père. Ce dernier était plus silencieux, a expliqué Tim Raines. [...] Je dirais qu'il est plus un leader que son père.»

Son père avait plus de vitesse sur les sentiers. Mais «Junior» a une meilleure connaissance du sport et de la façon de jouer. Son Q.I. baseball est bien meilleur.Tim Raines

Raines, qui considère Montréal comme sa deuxième maison ayant joué dans la métropole durant 13 saisons, croit aussi que Guerrero fils est un joueur bien différent sur le terrain.

«Son père avait plus de vitesse sur les sentiers. Mais "Junior" a une meilleure connaissance du sport et de la façon de jouer. Son Q.I. baseball est bien meilleur», a décrit Raines qui a été intronisé au Temple de la renommée en 2017.

Étant le fils de l'un des meilleurs joueurs de l'histoire des Expos, Guerrero fils ne semble toutefois pas sentir un poids supplémentaire sur ses épaules pour réussir dans les ligues majeures.

«Je ne sens pas de pression. Ça me donne même plus d'énergie et d'excitation parce que sachant que mon père est un membre du Temple de la renommée, je veux devenir un joueur comme lui ou même encore meilleur», a-t-il souligné.

À 19 ans, les attentes à l'endroit de Vladimir Guerrero fils sont extrêmement élevées comparativement à son père qui était un illustre inconnu au même âge. Mais le plus jeune des deux Vladimir Guerrero a tous les atouts pour atteindre les sommets qu'on lui prédit.

Le passage des Blue Jays au Stade olympique (2018)