POLITIQUE
27/03/2018 13:57 EDT | Actualisé 27/03/2018 17:06 EDT

REM: «Personne ne s'attend à ce qu'il n'y ait pas d'impacts», dit Couillard

Aux autorités locales de trouver des solutions, indique le premier ministre.

Groupe CNW/CDPQ Infra Inc.

Les premières "victimes" du Réseau express métropolitain (REM) sont les utilisateurs de la ligne Deux-Montagnes, affirme le chef du Parti québécois (PQ).

Jean-François Lisée s'est attaqué une fois de plus au projet, mardi. Selon lui, les travaux de construction du REM priveront des "milliers" de personnes du service de train de banlieue entre Deux-Montagnes et le centre-ville de Montréal la fin de semaine, dès avril, et les forceront à prendre l'autobus.

Le train de Deux-Montagnes assure environ 4600 déplacements la fin de semaine. Il n'est pas exclu qu'il y ait aussi, éventuellement, une interruption complète du service la semaine.

"C'est la ligne qui est la plus rentable, s'est offusqué M. Lisée, en point de presse à l'Assemblée nationale. Il a dénoncé la "régression dans la qualité de l'offre pour les gens de Deux-Montagnes" ainsi que "l'opacité" du projet.

Au bout du compte, le REM diminuera le confort auquel les usagers de la ligne Deux-Montagnes sont habitués en réduisant de 55 pour cent les places assises, a-t-il plaidé.

"Il n'y a personne qui a demandé à ces gens-là : est-ce que vous préférez avoir des beaux wagons neufs dans lesquels vous serez debout? Si on les avait consultés, je pense qu'ils auraient dit non", a ajouté le chef péquiste.

Selon lui, le gouvernement et la Caisse de dépôt doivent "laisser la ligne de Deux-Montagnes tranquille", "ne pas y mettre le REM", pour plutôt augmenter le nombre de départs et remplacer les wagons à un étage par des wagons multiniveaux.

Il y aura certainement des "impacts" sur la population pendant les travaux de construction du REM, a reconnu le premier ministre Philippe Couillard. Mais il s'agit là d'un mal nécessaire, d'après lui.

"Il faut avancer, il faut faire ces projets-là, a-t-il dit. On va se retrouver avec, à Montréal, un réseau moderne, électrique qui va desservir les citoyens de la Rive-Sud, de la Rive-Nord et notre aéroport."

Réseau express métropolitain

Son ministre des Transports, André Fortin, a assuré que des "plans d'atténuation" seront mis en place et communiqués aux usagers "très rapidement". Il n'a pas donné plus de détails.

Plus tôt, le premier ministre avait demandé aux agences régionales de transport, ainsi qu'aux municipalités concernées de trouver des solutions de rechange.

Par ailleurs, mardi, l'opposition péquiste est revenue à la charge, demandant à ce que soit rendue publique l'entente "secrète" qui a été conclue entre le REM et l'Agence régionale de transport métropolitain (ARTM).

Celle-ci a été avalisée par les élus de la région lors d'une réunion récente de l'ARTM, malgré l'opposition des villes de Longueuil et de Laval.

Selon ce qu'a appris La Presse canadienne d'une source confidentielle qui a été impliquée dans les discussions, la Caisse a toujours imposé ses conditions, notamment en ce qui a trait au mécanisme de tarification.

"Est-ce que les ententes secrètes du REM, qui ont été déposées il y a 10 jours, est-ce qu'on peut les lire?" a insisté M. Lisée à la période des questions.

"C'est probablement le processus le plus opaque, le moins participatif qu'on ait connu ces dernières décennies au Québec", a-t-il râlé en point de presse.

Qualifiant le REM de projet "extraordinaire" et "mobilisateur", M. Couillard a assuré qu'il rendra publiques les informations concernant l'entente "en temps et lieu". Il a rejeté la suggestion que le projet est en train de perdre de son lustre.

Selon lui, le dernier grand projet de ce type remonte à 1967, alors qu'était inauguré le métro de Montréal.

Le REM est un projet de train de banlieue de 6,3 milliards $ mené par la Caisse de dépôt, mais également financé par le Québec, le gouvernement fédéral et Hydro-Québec.

Il comprend une grande ligne qui va de la couronne Nord (Deux-Montagnes) à la Rive-Sud (Brossard) en passant par l'île de Montréal, ainsi que deux segments vers l'ouest de l'île, pour un total de 26 stations. Les travaux doivent commencer en avril et se terminer en 2021.

Le PQ a proposé la semaine dernière l'abandon du REM pour réorienter l'argent vers un vaste réseau de bus rapides, de tramways et une bonification majeure des services de trains de banlieue pour desservir l'ensemble de la grande région métropolitaine.

Évalué à un peu plus de 7 milliards $, le plan du PQ prévoit neuf circuits de bus rapide dans l'Est et l'Ouest de Montréal, sur la Rive-Sud et sur la couronne Nord, cinq lignes de tramways électriques dont quatre sur l'île desservant le secteur de l'hippodrome, l'aéroport international Montréal-Trudeau, l'Est de Montréal jusqu'à son extrémité et le boulevard Saint-Laurent.