POLITIQUE
27/03/2018 16:54 EDT | Actualisé 27/03/2018 19:41 EDT

Budget: les taxis obtiennent un montant de Québec à l’arraché

C’est moins qu’espéré, mais mieux que rien.

QUÉBEC – Le gouvernement tente de calmer les ardeurs de l'industrie traditionnelle du taxi en octroyant un montant de 250 millions de dollars pour les propriétaires de taxi qui ont vu la valeur de leur permis descendre en chute libre dans les dernières années.

Cette somme ne figure pas dans le budget en tant que tel, mais a été retrouvée sur une page à la fin du document des «Renseignements additionnels». Elle n'a pas été négociée par le comité de travail mis sur pied par le gouvernement en décembre 2017, qui négociait avec l'industrie du taxi depuis quelques mois.

«Compte tenu de l'impact que l'incertitude concernant cette transformation a déjà sur les personnes touchées et leur famille, le gouvernement a choisi, pour des raisons d'équité, de ne pas attendre la fin des travaux du groupe de travail pour agir», peut-on lire dans la description de la somme.

LA PRESSE CANADIENNE
Le ministre des Transports André Fortin dit que le 250 M$ est une première étape.

Le ministère des Finances a confirmé que le comité poursuivrait tout de même ses discussions pour voir si 250 millions de dollars sont suffisants pour couvrir leurs besoins. Le ministre des Transports, André Fortin, parle quant à lui d'un «premier pas».

«Ce qu'on voulait faire, comme gouvernement, c'est d'envoyer un message clair aux propriétaires de permis de taxi qu'on comprend leur réalité, a-t-il dit. On sait que ce n'est pas facile sur leur famille, on sait qu'ils vivent dans un monde avec énormément de changements et que ça a affecté la valeur des permis qu'ils ont acheté de bonne foi.»

Ce revirement de situation survient après une troisième rencontre où les représentants de l'industrie du taxi disent avoir eu la confirmation qu'aucune somme ne serait mise de côté pour les aider dans le dernier budget Leitao avant les élections.

Ils avaient accusé Québec de renier sa promesse d'aider l'industrie, qui perd de l'argent en raison de l'arrivée de nouvelles technologies comme Uber qui font baisser les valeurs de leur permis.

Pressions électorales?

Le HuffPost Québec avait obtenu une copie d'une convocation d'une importante assemblée le 3 avril à Montréal où toute l'industrie devait décider quelles seraient les prochaines actions à entreprendre pour faire entendre leur point de vue.

Il était notamment question de nuire aux libéraux dans des circonscriptions dans la couronne nord de Montréal où résident un grand nombre de chauffeurs de taxi.

Le député libéral de Laval-des-Rapides, Saul Polo, est l'un des élus visés par cette menace. Celui qui est également secrétaire parlementaire aux Finances estime néanmoins que le gouvernement fait preuve de «bonne foi» dans ce dossier.

LA PRESSE CANADIENNE
Saul Polo n'a pas voulu spéculer si son siège serait en jeu, advenant une mobilisation des chauffeurs de taxi.

«Je pense que le montant qui est annoncé démontre qu'on a entendu le message de l'industrie du taxi et on constate également qu'il y a eu une baisse de la valeur des permis, a-t-il soutenu en entrevue. C'est clair que les discussions se poursuivent, le projet-pilote [avec Uber] également.»

Le gouvernement consultera sous peu l'industrie, dans le cadre du groupe de travail, quant aux modalités de partage de cette somme de 250 millions de dollars. Les porte-parole des Taxis du Grand Montréal et du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec disent avoir été étonnés d'apprendre qu'une telle somme leur avait été réservée.

À voir aussi: