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26/03/2018 05:24 EDT | Actualisé 26/03/2018 05:26 EDT

Anne Dorval: qui est son «loser» à la coupe Longueuil du «Bye Bye»?

À TLMEP, l'actrice a aussi discuté de choc culturel au Viêt Nam, de carrière en France et d'équité salariale...

Karine Dufour/Radio-Canada

Toujours aussi expressive et colorée dans ses propos, Anne Dorval a causé quelques fous rires à Tout le monde en parle, dimanche.

Il fallait l'entendre raconter à Guy A. Lepage, Dany Turcotte et au public en studio les aléas de son récent voyage au Viêt Nam, où elle est allée tourner, cet hiver, le nouveau film de Jean-Philippe Duval, 14 jours, 12 nuits, lequel raconte l'histoire d'une océanographe qui part dans ce pays pour explorer les racines de sa fille d'origine vietnamienne, après la disparition de celle-ci dans un accident.

Sourire mi-timide, mi-dégoûté aux lèvres, l'actrice a énuméré quelques «petites bibittes» croisées au cours de son séjour là-bas.

«C'était un petit choc culturel, quand même, je dois dire. (...) Moi, des lézards dans ma chambre, qui font des petites crottes à côté de mes valises, j'aime pas ça! Et des rats, dans des cuisines, ça, j'aime pas ça, non plus...»

Anne Dorval a même soutenu avoir vu «une grosse vache sur un tout petit scooter», dans la position de la passagère, ficelée, mais bien vivante. Lors d'enregistrements de scènes dans un orphelinat, près d'une porcherie, elle a eu la douleur d'entendre huit cochons se faire égorger.

«J'ai éclaté en sanglots. J'ai fait : «Moi, je quitte le pays, ça ne sera pas possible! Arrêtons le massacre! Une autre journée, mais pas là, je tourne, j'ai besoin d'air!»»

«Ça fait que... ils ont arrêté», a offert la comédienne en guise de point final à son récit, en riant.

«On ne va pas virer fous...»

Celle qui tourne présentement dans le long-métrage français Jalouse, et qui avait épaté dansRéparer les vivants, en 2015, reproduit à la perfection l'accent de nos cousins, et a laissé entendre, dimanche, qu'elle reçoit de fréquentes propositions de l'Hexagone, certaines intéressantes, d'autres pas.

«On m'en a offert plus, tout de suite après Mommy, j'ai eu pas mal d'offres. J'en ai encore quelques-unes, mais on ne va pas virer fous...»

Et pas question pour elle d'abandonner le Québec.

«Ben voyons donc! Ben non! Moi, je ne suis jamais partie d'ici. J'y vais, en France, sporadiquement, comme ça, bim-boum, des petits allers-retours, pif-pouf! Et je reviens toujours ici. Parce que ma vie est ici, mes enfants sont ici, mes amis, ma vie sociale... »

De retour au Bye Bye?

Encensée par Guy A. Lepage pour sa prestation dans les Bye Bye 2016 et 2017, Anne Dorval a avoué sans détour qu'elle serait gênée de rencontrer Anne-France Goldwater, Lise Payette, Danièle Henkel, Sophie Grégoire-Trudeau, France Beaudoin, Mélanie Joly ou Martine Ouellet, qu'elle a toutes imitées dans les deux dernières revues de fin d'année.

«Je serais gênée, probablement sans raison parce que c'est pas méchant... Moi, je me souviens, quand Hélène Bourgeois-Leclerc m'a imitée (au Bye Bye 2014, ndlr), je paranoïais tellement! J'ai fait : «Je suis donc bien niaiseuse, je suis donc bien pas intelligente...». Je ne voulais plus sortir de chez moi!»

«Je l'avais vue, Hélène, et je lui avais dit : «Tu m'haïs-tu?», a poursuivi Anne Dorval, alors que la foule de Tout le monde en parle s'esclaffait. Elle a dit : «Voyons, es-tu tombée sur la tête?»»

«Quand on se fait imiter, c'est une affaire, et quand on imite, c'est une autre affaire, et c'est deux mondes qui ne peuvent pas se croiser», a finalement philosophé l'ancienne maman des Parent, précisant au passage qu'Anne-France Goldwater est sa «victime» préférée, parce qu'elle est «très inspirante».

À propos de son personnage de «loser avec la coupe Longueuil», devenu un running gag pour plusieurs internautes qui prennent maintenant plaisir à l'insérer dans diverses photos d'actualité, comme celle de la famille de Justin Trudeau en Inde, Anne Dorval en a résumé la genèse, dimanche.

Improvisé à la dernière seconde en 2016, le faux garçon a été créé lorsque son interprète fouillait dans un sac de perruques, et à partir de dents confectionnées sur mesure pour elle. Une figure marquante était alors née.

«Sur le plateau, ils l'appelaient «crotte de nez», mais ce n'est pas son nom officiel...», a soulevé Anne Dorval, en ricanant du fait que le drôle de moineau pourrait revenir dans un prochain Bye Bye.

D'ailleurs, Anne Dorval sera-t-elle de la prochaine rétrospective comique radio-canadienne? Elle en a envie, mais n'avait rien à dévoiler en ce sens à Tout le monde en parle.

«J'aimerais ça. Il est encore tôt pour en parler... Si tout le monde est là....Je ne sais pas... J'aimerais ça....Tant qu'à faire, j'en ai fait deux... pourquoi pas trois? Bouclons la boucle! Mais, bon! Je n'ai pas rien signé. On n'en a pas parlé encore, vraiment. Ça va probablement se faire. À moins qu'ils me flushent... (rires) Mais ça serait bête que tu m'en parles... »

Équité salariale

Dans une entrevue à thématique «Jalouse» en fin d'entretien, Guy A. Lepage a demandé à Anne Dorval si elle est jalouse des cachets des hommes avec qui elle joue, l'amenant ainsi à se prononcer sur la délicate question de l'équité salariale.

«Je ne sais pas ! Ce sont des choses dont on ne discute pas, entre nous. On ne discute jamais de ça», a-t-elle avancé, ajoutant qu'elle laisse son agente négocier ses ententes monétaires. Et si elle apprenait qu'un homme de même notoriété qu'elle, sur un même projet, empochait un salaire supérieur au sien?

«Je ne serais pas jalouse, je serais en colère. Je déteste les injustices, et oui, je serais en colère. C'est pas juste, c'est pas normal. Mais il me semble que j'ai toujours eu des compagnons de travail qui étaient sensibles à ça, aussi.»

Elle a cité en exemple Marc Labrèche, avec qui elle a souvent joué, et avec qui elle a déjà discuté du sujet. Tous deux vibraient alors au même diapason.

«Je pense que les hommes sont prêts à ça, aussi. Ils sont malheureux de ça, eux aussi. Les acteurs ne veulent pas que ça soit inéquitable...»

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