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24/03/2018 11:35 EDT | Actualisé 24/03/2018 11:35 EDT

Baseball Québec est victime de son succès

En dix ans, le nombre de joueurs a grimpé de 63%.

Shoji Fujita via Getty Images

Baseball Québec est victime de son succès.

Depuis 2007, la fédération provinciale de baseball amateur a vu ses rangs grimper de 63 pour cent. De quelque 18 000 joueurs, Baseball Québec est passé à plus de 30 000 joueurs en 2017. Ils seront 32 000 en 2018 à fouler les losanges de la province.

Cet afflux de joueurs crée des problèmes de logistique pour ses associations. Certaines d'entre elles doivent depuis quelques années tenir des listes d'attentes ou carrément refuser des inscriptions en raison de la hausse de la popularité du sport et du manque de plateaux.

En effet, au tournant des années 1990 et au début des années 2000, alors que le baseball connaissait un creux de vague — 17 000 membres en 2005 et 2006 — et que le soccer était en nette progression, plusieurs municipalités se sont retrouvées avec un nombre de terrains de soccer insuffisant, tandis que certains terrains de baseball étaient inoccupés. Plusieurs ont ainsi été transformés en terrain de soccer.

«Nous ne serons jamais capables d'aller retrouver tous les terrains que nous avions dans le passé, mais je pense que les municipalités voient de plus en plus la popularité du baseball, a raconté le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche. Eux, ils sont là pour donner des services à la population. On se comprend, au début des années 2000, le baseball n'était pas fort et c'était normal pour les élus de dire que le terrain qui est inoccupé depuis trois ou quatre ans, je vais en faire autre chose. Maintenant, ça revient en force et ces élus-là doivent trouver le moyen de donner le service.

«C'est plus facile en banlieue, car tu as de l'espace. Sur l'île de Montréal, ça devient difficile. C'est là que des solutions avec des terrains synthétiques, à titre d'exemple, pourraient venir nous aider. Toutes les parties de baseball que tu perds parce qu'il y a eu un orage et que le terrain met 24 heures à sécher, sur du synthétique, 30 minutes après, tu peux recommencer à jouer. Toutes les plages horaires que tu gardes libres en juillet et août au cas où il pleuve en mai, tu pourrais maintenant les utiliser.»

Dans la métropole, la politique de réfection des terrains de baseball, mise de l'avant par l'ex-maire Denis Coderre, mais sabrée par l'actuelle mairesse, Valérie Plante, nuit grandement aux efforts de la fédération à Montréal selon Lamarche.

«C'est un gros manque, laisse-t-il tomber, même si c'est vrai que l'argent est toujours là et que c'est vrai que c'est bien que les arrondissements aient le choix de choisir où la dépenser. Nous ne sommes pas contre ça. Nous avons toujours dit que c'est le 'timing' qui est mauvais. On avait l'impression que c'était le tour du baseball.

«Il y a plusieurs terrains de soccer qui ont été rénovés, d'autres en gazon synthétique ont été aménagés. Il y a des arénas qui ont été rénovés, même construits. Là, on arrivait au baseball. Quand on regarde les statistiques, près de 50 pour cent (88 sur 165) des terrains sur l'île n'ont pas de lumières fonctionnelles ou pas de lumières du tout! Comment voulez-vous faire jouer des jeunes en pleine journée quand ils ont de l'école ou quand les parents travaillent? Le baseball, c'est le soir que ça se joue. C'est un enjeu majeur pour nous.»

D'autres projets, comme la mise en place de deux pôles suprarégionaux avec terrains synthétiques de dimensions majeures dans l'est et l'ouest de l'île ont été repoussés aux calendes grecques.

«Ces projets ont été mis sur la glace, a expliqué Lamarche. Personnellement, je vais passer beaucoup de temps à me battre pour que ces pôles voient le jour. Je compte énormément sur Mme Rosannie Filato (responsable des sports et loisirs à la Ville de Montréal), Mme Plante et M. Hadrien Parizeau (conseiller associé en sports et loisirs), mais il faut faire la différence entre le retour du Baseball majeur et la politique de l'ex-maire Coderre et un plan d'action en lien avec le baseball, un sport qui a besoin de nouvelles infrastructures pour vivre et survivre. Si on regarde le plan mis en place par Denis Coderre, 70 pour cent du plan visait à rénover des parcs qui ont été construits il y a 50, voire 60 ans.

«En ce qui a trait des deux pôles suprarégionaux, ce sont deux pôles extraordinaires, dont nous avons besoin pour des écoles de baseball, des académies, des équipes d'excellence régionales, ou l'organisation de tournois importants, un peu comme ceux auxquels participe l'Académie Baseball Canada aux États-Unis. Ils pourraient servir à organiser tout ce qui est Championnats canadiens ou internationaux. D'avoir l'opportunité de tenir des événements comme ça à Montréal, ça a un impact direct sur le baseball amateur.»

Au moins, souligne Lamarche, la porte n'est pas fermée.

«J'ai eu une discussion il y a environ un mois avec Mme Filato, qui était très ouverte. Elle m'a expliqué le changement de vocabulaire dans la politique et on s'est dit qu'on se reparlerait une fois que la poussière serait un peu retombée. Mais c'est certain qu'on va reparler de ces deux pôles, car c'est un projet très important pour le baseball amateur non seulement à Montréal, mais à travers le Québec.»