NOUVELLES
23/03/2018 15:08 EDT | Actualisé 23/03/2018 15:12 EDT

En interpellant le voleur de son vélo avec une affiche, elle ne pensait pas créer un tel mouvement de solidarité

«J'espère que tu en avais plus besoin que moi.»

Getty Images

Le voleur ne pensait certainement pas être à l'origine d'une telle histoire. Samedi 10 mars à Brooklyn, Amanda Needham a eu la désagréable surprise de constater la disparition de son vélo, attaché devant la façade de sa maison.

Mais celle qui se décrit comme "organisatrice-artiste-nomade de Brooklyn" sur Instagram ne s'est pas laissée abattre.

Armée d'un pot de peinture jaune criard et d'un grand carton, elle rédige cette pancarte, loin de se douter de ce que déclencheront ces quelques mots:

"À la personne qui a volé mon vélo. J'espère que tu en as plus besoin que moi. Il coûtait 200 dollars d'occasion, et j'en ai besoin pour aller travailler. La prochaine fois, vole le Peugeot d'un hipster! Ou ne vole pas du tout! Ps: ramène-le-moi!"

Bien qu'elle dise se sentir "un petit peu bête" en rédigeant son texte comme elle le raconte sur son blogue (un billet repris par le Washington Post), elle décide de le laisser une semaine accroché à son portail, dans l'espoir de faire changer le voleur d'avis, mais surtout, car elle sait que d'autres vols ont eu lieu dans le quartier.

Des visites empreintes d'humanité

Quelques jours plus tard, elle reçoit une première visite, celle de deux jeunes hommes. "L'un d'eux portait un VTT bleu pour adolescent, écrit-elle. 'J'ai entendu dire que l'on vous avait volé votre vélo?', demande l'un d'eux nommé Michael. 'Ça l'est arrivé aussi, et comme j'avais ce vélo qui traînait, je me suis dit que vous pourriez l'utiliser".

Amanda, gênée, tente de refuser. Mais elle finit par céder et par accepter, touchée par "l'humanité du geste" et leur sincère désir d'aider. Ce n'est pas la seule visite qu'elle reçoit durant cette semaine. Une femme qui passe en voiture dans le quartier souhaite pouvoir l'aider, et lui donne un câlin "revigorant", qui fait comprendre à Amanda que ce "simple geste" était en train de lui permettre de "s'ouvrir à l'humanité".

Enfin, une dernière personne sonne à sa porte pour lui parler de son affiche. "Plus je pensais [à votre affiche], plus je me suis dit que je devais faire quelque chose, lui déclare l'homme. J'ai posté une photo sur Instagram, et j'ai reçu plusieurs réactions, donc je me demandais, je peux vous l'acheter pour.. 200 dollars?", lui demande-t-il en pointant l'affiche, où notre blogueuse demandait justement 200 dollars. Malgré la surprise d'Amanda, l'homme lui explique avoir de vraies raisons de la lui acheter, autres que de l'aider pour un nouveau vélo. "Je suis marchand d'art, et il y a quelque chose de vraiment artisanal dans cette pancarte", estime-t-il.

L'affaire est conclue, et en discutant, elle apprend même que plusieurs autres marchands d'arts ont contribué au pactole afin de pouvoir racheter cette fameuse affiche.

Le mouvement #KarmaCycle

Touchée par autant de bienveillance de la part d'inconnus, Amanda Needham veut continuer à faire vivre cette chaîne de solidarité. "Je faisais partie d'une vague d'humanité, belle, réelle, et inspirante. J'ai réalisé que je ne voulais pas que ça s'arrête avec moi". La jeune femme se rend donc à Court Cycle, un magasin de vélo local tenu par une femme mécanicienne, Joanne Nicolosi. "Je lui raconte mon histoire, et je lui demande si elle veut bien m'aider à réparer le VTT pour adolescent que Michael m'a donné, et à lui trouver une maison".

En échange, Amanda l'aide à mettre en place des réseaux sociaux pour sa boutique, alors que le vélo a, lui, une mission bien précise. "Il sera à l'extérieur de la boutique jusqu'à la fin du mois de mars. N'importe quel habitant du coin qui aurait besoin d'un vélo devra partager une bonne action qu'il a faite, ou qui l'aurait inspiré avec le mot-dièse #KarmaCycle, et ils seront dans la course", conclut-elle.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.

VOIR AUSSI: