POLITIQUE
22/03/2018 10:59 EDT | Actualisé 23/03/2018 19:18 EDT

Martine Ouellet rend publique sa mise en demeure contre La Joute de TVA

Les propos des panélistes auraient fait de la peine à sa mère.

LA PRESSE CANADIENNE

Piquée au vif par des commentaires jugés offensants entendus lors de l'émission La Joute, diffusée le 8 mars dernier sur les ondes de TVA, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, est passée à l'attaque avec une mise en demeure rendue publique vendredi.

La mise en demeure a été expédiée le 19 mars par un des avocats les plus réputés de Québec, Me Guy Bertrand, au Groupe TVA, à l'animateur de La Joute, Paul Larocque, et à ses chroniqueurs, Bernard Drainville, Caroline St-Hilaire et Luc Lavoie.

La chef du bloc exigeait une rétractation en ondes pour les propos jugés «diffamatoires» proférés à son sujet durant l'émission par les chroniqueurs.

En conférence de presse dans son bureau, voisin des Plaines d'Abraham, Me Bertrand a soutenu que sa cliente avait été décrite alors comme «une femme malhonnête qui est prête à tout pour arriver à ses fins y compris à utiliser des manoeuvres douteuses».

Selon lui, Mme Ouellet a été très affectée par ce qu'elle a entendu durant cette émission, de même que sa mère et ses deux enfants.

L'avocat avait donné 48 heures à TVA pour se rétracter, ce qui n'a pas été fait, d'où la décision de rendre la démarche publique. Mme Ouellet a une année pour décider si elle entreprendra des recours judiciaires et réclamer à la cour des dommages et intérêts pour le préjudice qu'elle estime avoir subi.

Le 8 mars, durant l'émission d'affaires publiques, les chroniqueurs commentaient la crise provoquée au Bloc québécois par le départ de sept députés. Mme Ouellet proposait alors de soumettre les membres à un référendum sur les orientations à privilégier au Bloc, entre la promotion de la souveraineté et la défense des intérêts du Québec à la Chambre des communes.

Mme Ouellet, qui était absente de la conférence de presse, n'a pas du tout apprécié que son geste soit associé à «une manoeuvre douteuse, malhonnête, stupide et absurde» par les chroniqueurs de La Joute.

«On s'est payé la traite, on s'est amusé, on a fait des sarcasmes, on a ri» de Martine Ouellet durant cette émission, selon Me Bertrand, persuadé qu'«on s'est acharné sur cette femme», sans raison.

Il a tenu à préciser que Mme Ouellet l'avait contacté à titre personnel. Ce n'est donc pas le Bloc qui acquittera les honoraires de l'avocat.

Me Bertrand a dit être particulièrement horrifié par le recours au mot «malhonnête» durant l'échange entre les chroniqueurs, un terme «d'une gravité extrême», «catastrophique» lorsqu'il est employé dans la sphère politique.

La démarche entreprise par la chef du Bloc n'est peut-être pas unique. À la demande de sa cliente, l'avocat est en train de passer au peigne fin d'autres reportages récents qui mettent en cause Mme Ouellet et qui pourraient, eux aussi, faire l'objet de recours judiciaires.

Me Bertrand ne s'est pas montré surpris de constater que la mise en demeure n'avait pas entraîné la rétractation souhaitée, car «les journalistes n'admettent jamais leurs fautes», selon lui.

Il a nié que sa démarche pouvait nuire à la liberté de presse. «Les journalistes, je les appelle souvent les perroquets de l'information, c'est comme s'ils ne pouvaient jamais commettre de fautes, c'est comme si eux avaient le droit de tout faire», selon l'avocat qui prêche pour un meilleur équilibre des forces.

Il a aussi invité les commentateurs politiques à faire preuve de retenue dans leur choix de mots.

La mise en demeure inclut une proposition du texte de rétractation qu'aurait dû lire en ondes l'animateur Paul Larocque pour éviter que l'affaire se retrouve devant les tribunaux.

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