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22/03/2018 14:18 EDT | Actualisé 22/03/2018 15:17 EDT

Marie-Maude Denis devra témoigner au procès de Marc-Yvan Côté

La Cour supérieure a invalidé la décision qui avait été prise.

Capture d'écran/Facebook Gravel le matin

La journaliste Marie-Maude Denis, de Radio-Canada, devra témoigner au procès Côté-Normandeau, a tranché un juge de la Cour supérieure, jeudi.

Le magistrat permet ainsi à la défense d'interroger la journaliste au sujet des sources qui lui ont fourni des renseignements diffusés dans le cadre de deux reportages: "Anguille sous Roche" du 12 avril 2012 et "Ratures et Ruptures" du 10 décembre 2015.

Il n'en sera pas de même pour le journaliste Louis Lacroix, de Cogeco, qui lui n'aura pas à témoigner.

Les conditions dans lesquelles Mme Denis devra témoigner devront être établies par la Cour du Québec.

C'est ce qu'a conclu le juge Jean-François Émond, de la Cour supérieure, dans sa décision d'une trentaine de pages rendue jeudi après-midi.

Dans un tweet, Marie-Maude Denis a indiqué que son employeur allait porter la décision en appel.

L'avocat de Marc-Yvan Côté, Jacques Larochelle, qui voulait forcer les deux journalistes à témoigner pour identifier leurs sources, avait évoqué la possibilité qu'ils témoignent à huis clos.

Le tribunal s'est montré relativement sensible aux arguments de l'avocat de la défense, qui a plaidé que les nombreux reportages médiatiques ont nui à son client et l'empêchent d'avoir un procès juste et équitable.

L'avocat tente à tout prix de savoir qui est à l'origine des fuites dans les médias et de comprendre ses motivations. L'importance de ces renseignements est "incontestable", selon lui.

Il dit avoir recensé 15 épisodes de "coulage" d'information entre avril 2012 et novembre 2017. La "planification", la "logique" et la "finesse" des fuites supposent qu'elles proviennent d'un haut placé, a-t-il soutenu.

Le procès de Marc-Yvan Côté, un ex-dirigeant de la firme Roche, de l'ex-vice première ministre du Québec Nathalie Normandeau et de quatre coaccusés pour fraude et abus de confiance doit débuter le 9 avril prochain. Ils ont été arrêtés par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en mars 2016 dans le cadre d'une enquête portant sur l'octroi de financement politique en échange de contrats publics.

Me Larochelle réclame l'annulation du procès, notamment parce que les fuites auraient "heurté de plein fouet la présomption d'innocence" de son client, une "victime collatérale".

Le 12 février dernier, le juge André Perreault, de la Cour du Québec, avait rejeté sa démarche pour forcer les journalistes à témoigner, citant notamment la loi fédérale sur la protection des sources journalistiques, adoptée en octobre 2017.

Par ailleurs, le juge Perreault devrait rendre sa décision sur la requête en arrêt des procédures le 26 mars prochain.