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22/03/2018 20:00 EDT | Actualisé 22/03/2018 20:38 EDT

Lula évite la prison pour au moins deux semaines

Il a été condamné à plus de 12 ans de prison pour corruption et blanchiment d'argent en janvier.

NELSON ALMEIDA via Getty Images

La Cour suprême du Brésil a décidé jeudi d'ajourner jusqu'au 4 avril ses débats sur l'ex-président Lula, qui ne pourra pas être emprisonné d'ici là, à l'issue d'une session consacrée au leader de la gauche, le favori de la prochaine présidentielle en octobre.

Luiz Inacio Lula da Silva a été condamné à plus de 12 ans de prison pour corruption et blanchiment d'argent en janvier et la Cour s'était réunie pour décider s'il devait aller ou non en prison avant que tous les recours contre sa condamnation ne soient épuisés.

Par sept voix contre quatre, les juges ont accordé une bouffée d'oxygène à cette figure emblématique de la gauche brésilienne, qui risquait d'être incarcérée dès le début de la semaine prochaine, après le jugement d'un autre tribunal, à Porto Alegre (sud).

Quelque 150 manifestants arborant des affiches "Lula libre" s'étaient massés devant la Cour à Brasilia, à l'appel de sa formation de gauche, le Parti des Travailleurs (PT), mais aussi des dizaines d'anti-Lula.

La chef du PT Gleisi Hoffmann s'est félicitée "des décisions initiales qui respectent la Constitution. Nous espérons que ce sera le chemin que prendra la Cour suprême dans sa décision finale", a-t-elle dit sur Twitter.

Lula, en meeting dans la soirée devant ses sympathisants, a rappelé les réalisations de ses deux mandats sans commenter la décision des juges.

"Jusqu'au 4 avril, personne ne peut arrêter le plus grand leader politique du Brésil", a commenté sur Twitter le sénateur pétiste Humberto Costa, "et nous sommes confiants que même après cette date non plus, si la Cour suprême respecte réellement la Constitution".

Quand la Cour reprendra ses débats, elle décidera d'accorder ou non à Lula une mesure d'"habeas corpus", qui lui permettrait de rester en liberté tant que le dernier des nombreux recours possibles contre sa condamnation n'aura pas été épuisé.

Cela pourrait durer des mois, voire des années. Si en revanche la majorité des juges de la Cour suprême tranche en sa défaveur, Lula sera probablement très proche de la prison.

"Aucun citoyen ne peut être considéré coupable" tant que toutes les juridictions ne l'ont pas déterminé, a plaidé José Roberto Batochio, avocat de Lula, devant les juges jeudi.

Lula a été condamné en appel pour avoir accepté un triplex en bord de mer de la part d'une entreprise de BTP impliquée dans le gigantesque scandale autour du groupe public Petrobras. Ce qu'il a toujours farouchement nié.

Ayant quitté le pouvoir avec un taux record de popularité après deux mandats (2003-2010), Lula est déterminé à se présenter à la présidentielle d'octobre, s'il peut concourir malgré sa lourde condamnation.

- Demandes d'éclaircissements -

Dans ce dossier extrêmement technique, la majorité des juristes estime que Lula, libre ou pas, sera déclaré inéligible pour le scrutin. Cette décision incombe in fine à la justice électorale, qui tranchera en août.

Mais un autre tribunal se penchera lundi sur le cas de cette ex-figure charismatique de la gauche sud-américaine qui a longtemps incarné l'image d'un Brésil conquérant et ouvert sur le monde.

Le tribunal de deuxième instance de Porto Alegre (TRF4), qui avait confirmé et alourdi sa peine en appel, doit statuer sur des "demandes d'éclaircissements" de la défense de Lula.

Mais la décision de la Cour suprême a rendu caduque toute décision de ses trois juges qui rejetteraient ce recours. L'ancien président de 72 ans ne pourrait ainsi pas être incarcéré après la publication du jugement, comme il en courait le risque jusqu'ici.

Plus déterminé que jamais à lutter contre un "complot" pour l'empêcher de se représenter, le leader du PT continue de haranguer ses partisans, dans le sud du Brésil.

Sa pré-campagne électorale doit se terminer le 28 mars à Curitiba. Lundi, au moment du jugement du TRF4, il devrait se trouver à Foz de Iguazu, à la frontière avec l'Argentine et le Paraguay.

A sept mois d'une présidentielle plus incertaine que jamais, Lula est crédité de quelque 35% des intentions de vote, tout en restant un personnage très clivant pour les Brésiliens.

Il n'est pas rare de voir des manifestants en marge de ses meetings brandir des marionnettes figurant Lula - poursuivi par ailleurs dans une demi-douzaine d'autres affaires, essentiellement de corruption - en uniforme rayé de prisonnier.

"C'est un jour très important pour le Brésil", a déclaré un manifestant anti-Lula, Marcel Venancio avant la décision de la Cour, "Lula s'est toujours débrouillé pour contourner la loi".

Faux, a rétorqué une retraitée, Sandra Correia, "il n'y a aucune preuve contre Lula".

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