POLITIQUE
22/03/2018 12:47 EDT | Actualisé 22/03/2018 15:24 EDT

Philippe Couillard défend la Caisse, le PQ s'insurge contre les monopoles obtenus par le REM

Selon le député péquiste Martin Ouellet, c'est le citoyen qui est le grand perdant.

Le premier ministre Philippe Couillard défend les monopoles obtenus par le Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement, qui veut régner sans partage sur de vastes pans de la grande région de Montréal.

La Presse canadienne a obtenu un projet d'entente confidentiel mercredi qui prévoit que le REM obtient des zones de monopole condamnant les services de transport en commun existants et qui oblige à rabattre la clientèle vers ses gares.

De vastes bassins de non-concurrence ont ainsi été définis sur la rive sud, sur la rive nord, ainsi qu'au centre-ville de Montréal même.

Dans un point de presse à Hemmingford jeudi, le premier ministre a déclaré que le REM était voué à l'échec s'il n'y avait pas eu de monopole. Il a répondu par l'affirmative aux journalistes qui lui demandaient s'il était logique qu'on accorde au REM ces monopoles sur des territoires qui sont plus vastes que ce qu'il couvre.

"Bien sûr, parce qu'il n'y aurait pas eu de projet sinon", a-t-il répondu.

M. Couillard a convenu que d'autres projets pouvaient être présentés à l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui coordonne le transport en commun dans la région. Cependant, ils sont pratiquement condamnés d'avance.

"Tout autre projet devra être soumis à l'ARTM, mais on ne peut pas voir un projet qui va faire la même chose que le REM, clairement", a-t-il conclu.

En point de presse jeudi matin à l'Assemblée nationale, le porte-parole péquiste en transports, Martin Ouellet, a déploré que le modèle d'affaires de la Caisse passe par la création d'un monopole, l'élimination de la concurrence, et le rabattage des passagers peu importe leur proximité avec les gares du REM.

Selon le député de René-Lévesque, c'est le citoyen qui est le grand perdant, alors que le projet du REM est censé se mettre en branle le mois prochain.

Rappelons que le PQ a proposé cette semaine, s'il forme le gouvernement en octobre, de renoncer au projet pour mettre en place un réseau beaucoup plus étendu de transport en commun qui réduirait davantage la congestion routière.