POLITIQUE
22/03/2018 15:17 EDT | Actualisé 22/03/2018 15:44 EDT

Couillard profite d'une visite d'usine pour attaquer la CAQ sur l'immigration

«Il attend du chef caquiste qu'il explique le raisonnement derrière cette volonté de réduire l'immigration en période de pénurie.»

Abaca Press

Le premier ministre Philippe Couillard a profité d'une visite d'usine en Montérégie, jeudi, pour lancer une charge à fond de train contre la Coalition avenir Québec (CAQ) et son chef, François Legault.

Aérospatiale Hemmingford, une entreprise hautement spécialisée qui fabrique des valves et systèmes d'injection pour l'industrie aéronautique, est aux prises avec d'importants problèmes de recrutement de machinistes qui retardent sa progression.

Philippe Couillard a pris cet exemple pour dénoncer l'approche restrictive du chef caquiste qui souhaite réduire le nombre d'immigrants et soumettre ceux-ci à un «test de valeurs» pour décider s'ils peuvent demeurer au Québec.

Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre qu'il estime être «le problème dominant de l'économie du Québec», le premier ministre a qualifié d'«anti-économique» toute proposition qui viserait à diminuer l'immigration.

Il a dit attendre du chef caquiste qu'il explique le raisonnement derrière cette volonté de réduire l'immigration en période de pénurie.

Il a aussi raillé la volonté exprimée par M. Legault d'expulser les immigrants qui échoueraient un éventuel «test de valeurs», faisant valoir que M. Legault n'aurait le pouvoir de le faire, celui-ci étant entre les mains d'Ottawa.

Il a également mis au défi encore une fois M. Legault de produire le fameux test en question, afin que tous sachent de quoi il en ressort.

Croissance freinée

Le directeur des opérations d'Aérospatiale Hemmingford, Jean-François Garand, ne s'est pas du tout aventuré sur le terrain politique.

Il a simplement fait valoir qu'il pourrait dès aujourd'hui embaucher 10 machinistes, mais qu'il peine à les trouver.

L'entreprise, qui compte un peu moins d'une centaine d'employés, prévoit une croissance de 25 pour cent de sa production en 2018, mais doit parfois refuser des contrats, faute de main-d'oeuvre suffisante.

M. Garand a souligné que l'entreprise voit d'un oeil inquiet les baby-boomers se diriger vers la retraite alors que les difficultés de recrutement, présentes depuis une dizaine d'années, s'aggravent.

Il s'agit pourtant de bons emplois, avec des salaires variant de 15 $ à 20 $ à l'entrée pour des finissants en usinage, selon qu'ils détiennent un diplôme d'études professionnelles (secondaire) ou un diplôme d'études collégiales, avec de nombreux avantages sociaux.

L'entreprise est parfois obligée de prendre des candidats avec une formation moindre et de les former elle-même, mais là encore, le recrutement s'avère un défi.

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