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21/03/2018 15:06 EDT | Actualisé 21/03/2018 15:06 EDT

Collecte de données: Facebook «savait» depuis 2011, selon un militant

«Mais avait affirmé n'avoir aucune raison de changer de méthode.»

Facebook avait été averti dès 2011 des failles exploitées par le cabinet britannique Cambridge Analytica (CA), au coeur d'un scandale portant sur la collecte de millions de données d'utilisateurs, mais avait affirmé n'avoir aucune raison de changer de méthode, a affirmé mercredi un militant autrichien luttant pour la protection des données des utilisateurs.

Max Schrems, qui a porté plusieurs affaires devant des tribunaux européens afin de renforcer la protection des données des utilisateurs, a déclaré à l'AFP que les méthodes d'exploitation des données au centre du scandale qui secoue actuellement Facebook étaient exactement les mêmes que celles qu'il avait dénoncées dans une plainte déposée en 2011 auprès de l'Autorité irlandaise de protection des données.

Facebook est au coeur de la tourmente depuis que CA est accusée d'avoir récupéré sans leur consentement les données de 50 millions de ses utilisateurs pour mettre au point un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump.

M. Schrems a déclaré que comme en 2011, il avait eu en 2012 une réunion de sept heures avec des représentants de Facebook pour une discussion portant sur les inquiétudes suscitées par l'utilisation de telles applications, mais que ces derniers avaient assuré n'y voir aucun problème.

"Ils ont explicitement dit que de leur point de vue, en utilisant le réseau vous consentez à une situation où d'autres personnes peuvent installer une application et rassembler vos données", a ajouté M. Schrems.

Facebook n'avait aucun moyen de savoir si les firmes qui recevaient les informations adhéraient aux régles de protection des données personnelles, a-t-il relevé.

"Il y a des milliers d'autres applications qui ont fait probablement exactement la même chose, la seule raison pour laquelle nous en parlons est qu'elle est liée à Trump. Mais ce n'est peut-être pas la plus grosse affaire", selon lui.

M. Schrems fonde actuellement une nouvelle association, NOYB (None Of Your Business, "Ce n'est pas vos affaires") pour aider les particuliers à défendre leurs droits conformément aux nouvelles régles de l'Union européenne qui doivent entrer en vigueur en mai.

Face au scandale, Cambridge Analytica a annoncé mardi la suspension de son patron Alexander Nix.