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20/03/2018 02:44 EDT | Actualisé 20/03/2018 03:00 EDT

Un parti "communiste" interdit d'élections en Thaïlande

La commission électorale thaïlandaise refuse d'enregistrer un parti se présentant sous l'étiquette "communiste", l'appellation étant "hostile à la monarchie constitutionnelle".

"J'ai envoyé une lettre à ce parti pour expliquer que la commission électorale ne peut pas l'enregistrer parce que c'est illégal", a expliqué le secrétaire général de la commission électorale, Jarungvith Phumma, lors d'une conférence de presse mardi.

"Le nom de ce parti +communiste+ est hostile à notre monarchie constitutionnelle", a-t-il ajouté.

En effet, la très sévère nouvelle loi thaïlandaise régissant les partis politiques stipule que les logos et noms de partis ne doivent pas "être en contradiction" avec la monarchie constitutionnelle.

Or, "le mot +communisme+ implique un différent type de régime politique", "connu pour son opposition à la monarchie", décrypte Puangthong Pawakapan, politologue de l'université Chulalongkorn.

"Un parti qui s'appellerait +La République+ ne serait pas non plus autorisé", précise-t-elle.

La royauté thaïlandaise, protégée par une loi de lèse-majesté drastique, joue en coulisses un rôle politique clef.

Le roi Bhumibol Adulyadej, mort en 2016 après des décennies sur le trône, avait joué un rôle important dans la lutte contre les groupuscules communistes essaimés dans les jungles du pays.

Dans les années 1960, alors que la Thaïlande était alliée avec Washington pendant la guerre du Vietnam, le roi a bâti son image de protecteur du pays en agitant la menace de ces groupuscules, allant soutenir les troupes sur le terrain.

Un parti communiste de Thaïlande a bien existé à l'époque mais il a toujours été illégal.

Encore aujourd'hui, les élites ultra-royalistes au pouvoir, avec une junte militaire aux manettes depuis un coup d'Etat en 2014, voient les promoteurs d'une plus grande équité sociale comme une menace à la monarchie.

Désormais, 65 partis nouvellement créés ont quant à eux franchi la barre de l'enregistrement en vue des élections promises début 2019, après plusieurs reports, a précisé mardi la commission électorale.

Parti démocratique du Siam, parti pour l'unité de la Thaïlande... la plupart des nouveaux entrants sont des novices en politique venus du milieu des affaires, du milieu universitaire, mais aussi plusieurs partis créés par des agriculteurs du nord et du sud du pays et même une star de Youtube.

La date du couronnement du nouveau roi, Maha Vajiralongkorn, n'a pas encore été annoncée. Et selon les analystes, aucune élection ne peut être organisée d'ici là.

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