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20/03/2018 03:34 EDT | Actualisé 20/03/2018 03:40 EDT

Turquie: Öcalan privé de contact extérieur en prison, s'inquiète le Conseil de l'Europe

Le Conseil de l'Europe s'est de nouveau inquiété mardi de l'absence de visites et de contacts avec ses avocats du chef de l'opposition kurde Abdullah Öcalan et de trois autres prisonniers de l'île-prison d'Imrali (nord-ouest de la Turquie).

Le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), organe spécialisé du Conseil de l'Europe, "exprime sa vive inquiétude sur la situation du contact des détenus avec le monde extérieur, qui s'est encore détériorée".

"Tous les détenus se sont vus empêcher de recevoir la visite de leurs avocats depuis presque cinq ans et de leurs proches depuis plus de dix-huit mois", alors qu'une interdiction totale d'appels téléphoniques a aussi été imposée, explique le CPT qui a visité cette prison de haute-sécurité en avril 2016.

Chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, qui approche des 70 ans, purge depuis 1999 une peine de réclusion à vie dans la prison d'Imrali, sur une île de la mer de Marmara. Au moment de la visité du comité anti-torture, trois autres prisonniers y étaient détenus.

Appelant les autorités turques à faire le nécessaire pour permettre aux détenus d'Imrali de recevoir des visites de leurs proches et de leurs avocats, le comité anti-torture a, en revanche, relevé que "les conditions matérielles de détention concernant Abdullah Öcalan se sont considérablement améliorées" par rapport à sa visite précédente réalisée en janvier 2013.

L'opposant kurde se trouve désormais dans un ensemble de trois cellules fusionnées représentant une surface de 40 m2, avec une chambre, un salon et une salle de bains. Il a également accès à un espace extérieur d'environ 50 m2.

"La délégation a eu une impression favorable quant aux soins de santé de l'établissement", ajoute le communiqué, précisant qu'aucun signe de mauvais traitement n'avait été perçu.

Dans une réponse publiée à la demande de la Turquie par le Conseil de l'Europe, Ankara se défend en affirmant que "la législation turque accorde la possibilité aux détenus condamnés à la prison à vie de recevoir des visites" et qu'Abdullah Öcalan a d'ailleurs reçu une visite de son frère en septembre 2016.

La CEDH avait condamné en 2014 la Turquie pour la peine incompressible de réclusion à perpétuité infligée à Abdullah Öcalan et son isolement "inhumain" durant ses premières années à la prison d'Imrali.

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