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20/03/2018 08:59 EDT | Actualisé 20/03/2018 09:20 EDT

Slovaquie: le président Kiska refuse de nommer le gouvernement Pellegrini

Le président slovaque Andrej Kiska a annoncé mardi qu'il refusait de nommer le gouvernement tel qu'il lui a été présenté par le Premier ministre désigné Peter Pellegrini.

Ce dernier a réagi très rapidement, en annonçant mardi après-midi un nouveau nom pour le ministère de l'Intérieur, celui de Tomas Drucker, ministre sortant de la Santé, son choix précédent ayant été critiqué par le chef de l'Etat.

"Je lui ai dit que je ne nommerai pas le gouvernement dans la composition qu'il m'a proposée", a dit le président mardi matin à la presse, ajoutant avoir donné à M. Pellegrini jusqu'à vendredi pour lui présenter de nouveaux noms. M. Pellegrini doit succéder au social-démocrate Robert Fico qui a démissionné dans le sillage de l'assassinat du journaliste Jan Kuciak.

Le chef de l'Etat a implicitement critiqué le choix de Jozef Raz pour diriger le ministère de l'Intérieur, en regrettant ses relations étroites avec l'ancien titulaire de ce ministère Robert Kalinak, forcé à la démission dans le contexte de la crise politique et de manifestations de rue provoquées par l'assassinat du journaliste et de sa fiancée.

Le nouveau candidat au portefeuille de l'Intérieur, Tomas Drucker, ancien directeur général des postes slovaques, est sans-parti, mais avait été nommé à la Santé sur proposition du parti Smer-SD du Premier ministre sortant Robert Fico et de son successeur désigné.

M. Pellegrini a dit avoir communiqué le nom de M. Drucker au chef de l'Etat et espérer que ce dernier l'approuverait, ce qui permettrait de nommer le nouveau gouvernement et de le soumettre au vote du parlement jeudi ou vendredi.

"Nous avons décidé de faire tout notre possible pour calmer la situation en Slovaquie. La Slovaquie ne peut pas se permettre de rester pendant des semaines sans gouvernement appuyé sur une majorité parlementaire", a dit le Premier ministre désigné.

Le journaliste Jan Kuciak avait enquêté sur la corruption et sur des liens présumés entre des hommes d'affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise et des hommes politiques slovaques, y compris dans l'entourage du Premier ministre démissionnaire Robert Fico.

En annonçant sa décision de refuser la première liste de ministres de M. Pellegrini, le président Kiska avait déclaré que ce dernier "doit créer un gouvernement stable, dont la composition, surtout en ce qui concerne le poste de ministre de l'Intérieur, pourra faire retomber la tension dans notre société".

"Un gouvernement, a-t-il poursuivi, capable de convaincre le public qu'il garantira une enquête indépendante et impartiale sur le meurtre de Jan Kuciak et Martina Kusnirova, ainsi que sur les soupçons concernant le crime organisé que le journaliste a décrits".

juh/via/mr