POLITIQUE
20/03/2018 14:14 EDT | Actualisé 20/03/2018 16:57 EDT

Le PQ critiqué pour sa promesse d’abandonner le REM

«C’est quelque chose auquel ils ont pensé sur un coin de table.»

LA PRESSE CANADIENNE
Le ministre des Transports, André Fortin, a vivement critiqué la proposition du PQ.

QUÉBEC – Le ministre des Transports du Québec, André Fortin, croit qu'il est «complètement irresponsable» de la part du Parti québécois de vouloir abandonner le projet du Réseau express métropolitain et ce, alors que s'amorcent les travaux de construction.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a dévoilé mardi matin son projet de transport en commun surnommé «Le Grand Déblocage», composé de bus rapides et de lignes de tramway entre autres, qui viendrait remplacer le REM si le PQ est porté au pouvoir cet automne.

«Honnêtement, ça m'apparaît improvisé, a réagi le ministre Fortin mardi matin, à l'entrée du caucus libéral. C'est quelque chose auquel ils ont pensé sur un coin de table à la dernière minute.»

C'est comme un magicien qui vient de sortir un nouveau lapin de son chapeau.François Legault, chef de la CAQ

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, tenait un discours semblable. À son avis, M. Lisée est «dur à suivre» parce qu'il n'avait jamais mentionné cette idée auparavant. «C'est comme un magicien qui vient de sortir un nouveau lapin de son chapeau», illustre-t-il.

M. Legault s'inquiète également des pénalités financières qui seraient rattachées à l'abandon pur et simple du projet.

1 milliard de $ pour annuler

La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui contribue au projet de REM à la hauteur de trois milliards $, n'était pas immédiatement disponible pour commenter l'affaire. Selon nos informations, l'annulation du projet coûterait au bas mot 1 G$.

Le ministre des Transports croit quant à lui que la position du PQ pourrait mettre d'autres projets de transport collectif à risque.

Du côté de Québec solidaire, on soutient que le REM «ne tient pas la route». La porte-parole Manon Massé ne s'est toutefois pas prononcée sur les détails spécifiques du projet proposé par le PQ.

Les premières pelletées de terre du REM devraient se faire dans les prochaines semaines.

Les maires appuient le REM

À Montréal et dans les couronnes Nord et Sud, la surprise était générale mardi. Tous ont appuyé le REM, certains allant jusqu'à dire qu'il était beaucoup trop tard pour freiner le train de la Caisse.

«Il n'est pas question d'abandonner ce projet. [...] On n'est plus à la période de conceptualisation. On a eu le débat il y a deux ans et les pelles arrivent dans quelques semaines», affirme la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Mme Plante souligne que le REM donne un accès rapide au centre-ville et à l'aéroport. Elle s'est tout de même réjouie que la mobilité soit un enjeu pour les partis provinciaux.

Même son de cloche du côté de la mairesse de Brossard, Doreen Assaad. Les pelles sont déjà actives à Brossard, qui recevra le premier tronçon du REM pour relier la Rive-Sud au centre-ville de Montréal.

«J'ai pris connaissance de ça avec une certaine déception. Tout est en branle, on voit déjà les effets ici à Brossard. [...] Il va y avoir des impacts très négatifs si on écarte le projet à ce stade-ci.

À Laval, le maire Marc Demers a aussi souligné l'importance du REM pour le Grand Montréal, même si sa ville sera très peu affectée par sa construction. Il trouve tout de même intéressante l'idée du Parti québécois, qui ajouterait trois lignes de bus rapide sur le territoire lavallois.

«Le projet de tramway de Québec et cette proposition du parti québécois montrent que la diminution de congestion routière est un enjeu central du débat public. Il est positif de voir des formations politiques majeures proposer une action vigoureuse pour s'attaquer aux énormes coûts économiques et sociaux que cause cette congestion», dit-il.

Rappelons que Laval tiendra un forum sur la mobilité dans la couronne Nord le mois prochain.

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent n'était pas disponible mardi pour un commentaire. La proposition du PQ ferait passer un tramway sur le territoire longueuillois, en lieu et place du prolongement du métro qui avait été promis à la municipalité sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

Avec la collaboration de Olivier Robichaud à Montréal

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