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20/03/2018 03:31 EDT | Actualisé 20/03/2018 03:40 EDT

Italie: tractations pour les présidences des deux chambres du Parlement

Faute de majorité à l'issue des législatives du 4 mars, des tractations compliquées sont en cours en Italie pour l'élection des présidents des deux chambres à partir de vendredi, étape fondamentale avant les consultations en vue de former un gouvernement.

"Des rumeurs en équilibre entre le vrai, le vraisemblable et le faux", écrit mardi le Corriere della Sera, principal tirage italien, en évoquant toutes les informations contradictoires apparaissant dans les médias.

L'élection des présidents de la Chambre des députés et du Sénat, qui doit intervenir avant que le chef de l'Etat, Sergio Mattarella, entame ses consultations sur la formation du gouvernement, constituera un premier test sur les capacités d'entente des forces en présence.

Le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), premier parti avec 33% des voix, et la coalition de droite/extrême droite, première force avec 37% des voix, revendiquent ces deux postes influents.

Mais la partie est compliquée par le fait que la coalition de droite compte deux partis forts, à la fois alliés et concurrents: la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite), désormais passée en tête avec 17% des voix et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite), environ 14% des voix.

M. Salvini est le candidat de cette coalition pour diriger le gouvernement et Forza Italia ne voit pas pourquoi son parti devrait obtenir en plus la présidence d'une des chambre du Parlement, étant acquis que le M5S en aura une.

Les deux chambres du Parlement se réunissent à partir de vendredi. L'élection du président du Sénat est attendue au plus tard samedi, mais pourrait durer plus longtemps pour la Chambre des députés.

Le règlement du Sénat prévoit deux votes secrets par jour avec des majorités qui s'abaissent progressivement et si besoin un quatrième tour pour départager les deux candidats arrivés en tête au troisième tour.

La situation est plus compliquée à la Chambre des députés, où le président doit être élu de toute façon par la majorité des membres, soit 316 voix (sur 630).

A l'abri du vote secret, tout est possible, y compris une rébellion d'une partie des troupes contre d'éventuels accords passés entre des dirigeants politiques.

Romano Prodi, ancien chef du gouvernement et ancien président de la Commission européenne, en a un souvenir cuisant: promis au poste de président de la République en 2013, il avait échoué en raison de la défection anonyme d'une centaine d'élus de son parti.

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