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20/03/2018 10:34 EDT | Actualisé 20/03/2018 10:40 EDT

Il vole un tableau de maître: deux ans de prison ferme pour un haut fonctionnaire français

La justice française a condamné à deux ans de prison ferme un ancien haut fonctionnaire, Hugues Malecki, pour le vol d'une toile de maître appartenant au mobilier national, qu'il avait échangée avec une copie.

"Cela pourrait être romanesque lorsque c'est Arsène Lupin qui le fait mais c'est très regrettable lorsque c'est un sous-préfet", a estimé le procureur de la République Nicolas Rigot-Muller, en référence au personnage de gentleman cambrioleur créé par le romancier Maurice Leblanc.

"Vos agissements en tant que haut fonctionnaire ont porté un préjudice certain à la collectivité et à la démocratie", a expliqué le président du tribunal, André-Frédéric Delay, pour justifier la prison ferme.

Le tribunal a également prononcé une interdiction des droits civiques et l'interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans ainsi que trois amendes: 150.000 euros pour le préjudice subi, 10.000 euros pour le préjudice moral et 1.200 euros "pour que le contribuable n'ait pas à supporter les frais de justice".

Le visage impassible sous une barbe de cinq jours, le haut fonctionnaire de 51 ans a refusé de s'exprimer devant le tribunal. Il était jugé sans avocat après avoir renvoyé son conseil quelques jours seulement avant le procès, suite à "des désaccords profonds sur sa ligne de défense".

L'ancien haut-fonctionnaire était accusé d'avoir subtilisé une huile sur toile signée de l'artiste russe naturalisée française Nathalie Gontcharoff (Natalia Gontcharova, 1881-1962) lorsqu'il était en poste en Haute-Loire, dans le centre de la France, entre 2006 et 2007.

Le tableau, baptisé "Dahlias" et représentant un immense bouquet de fleurs débordant d'un vase, a été acheté à Londres lors d'une vente consacrée à la peinture russe par la maison d'enchères Sotheby's, en mai 2012, pour 103.250 livres (près de 130.000 euros à l'époque).

M. Malecki en avait fait réaliser une copie "sur ses propres deniers". Un double "grossier" et légal car à des dimensions différentes de l'original, qu'il signe ensuite de sa main.

"Tout laisse penser que cette copie a été faite à dessein. M. Malecki avait de très gros soucis financiers. Malgré son traitement très confortable, il n'arrivait pas à faire face à ses charges et à son train de vie", a estimé le président du tribunal.

"Sous le coup d'une pulsion incontrôlée", Hugues Malecki avait ensuite revendu la toile en 2012 pour "10.000 euros" à un collectionneur.

"Pourquoi franchir la ligne rouge et risquer de passer pour un escroc quand on jouit d'un prestige certain, pour un gain pas si important? Il y a quelque chose de l'ordre de l'incompréhension. On aurait aimé le demander à un psychiatre", s'est interrogé le procureur.

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