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20/03/2018 05:47 EDT | Actualisé 20/03/2018 06:00 EDT

Empoisonnement de Salisbury: l'UE prête à tirer les conséquences d'une non-coopération de Moscou

Les dirigeants de l'UE sont prêts à se "coordonner sur des mesures" à prendre contre la Russie si elle ne coopère pas à l'enquête sur l'empoisonnement d'un ancien agent russe en Grande-Bretagne, selon un projet de déclaration préparé pour leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles vu mardi par l'AFP.

Le texte ne fait toutefois pas explicitement mention de sanctions. Les Etats-membres sont en effet divisés sur les mesures de rétorsion et l'adoption de sanctions requiert l'unanimité, souligne-t-on de source diplomatique.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis lundi à Bruxelles, ne sont d'ailleurs pas parvenus à s'entendre sur ce point.

La Grèce a même obtenu la réécriture de la déclaration des ministres pour atténuer la responsabilité de la Russie, a-t-on appris de source diplomatique.

Les ministres ont ainsi indiqué "prendre très au sérieux l'évaluation du gouvernement britannique selon laquelle il est très probable que la Fédération de Russie est responsable".

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 28 veulent "voir quelles réponses Moscou va fournir" aux demandes de coopération à l'enquête sur l'empoisonnement de l'ancien agent double Sergei Skripal et sa fille le 4 mars à Salisbury, en Angleterre.

Le projet de déclaration précise que "l'Union européenne condamne avec la plus grande fermeté" l'attaque imputée à la Russie par Londres. Les autorités russes nient toute implication.

Le projet soumis aux dirigeants européens reprend la formulation de la déclaration des ministres des Affaires étrangères, mais elle pourra être modifiée pendant la réunion au regard des réponses de Moscou.

"Les États membres se coordonneront sur les conséquences à tirer à la lumière des réponses fournies par les autorités russes", précise le projet de déclaration des 28.

Le document ne fait aucune mention explicite à des sanctions ou à d'autres mesures de rétorsion diplomatiques.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a appelé mardi le président russe Vladimir Poutine à "rétablir" une coopération pour "la sécurité du continent" européen. "J'espère que vous utiliserez votre quatrième mandat pour poursuivre cet objectif", a plaidé M. Juncker.

L'affaire a été inscrite à l'ordre du jour de la première journée du sommet par le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, après un entretien avec la Première ministre britannique Theresa May.

"Nous témoignons d'une solidarité sans réserve avec le Royaume-Uni face à ce grave défi à notre sécurité commune", écrit le projet de déclaration. Il appelle également à "renforcer la résilience de l'UE face aux risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires".

La Grèce, l'Italie et Chypre bloquent tout durcissement des sanctions économiques décidées pour punir l'annexion de la Crimée et le soutien présumé de Moscou aux séparatistes qui ont déclenché le conflit en Ukraine au printemps 2014.

Ces sanctions ont été renouvelées en mars pour six mois, mais "il n'y pas l'unanimité pour aller plus loin, ni pour les assouplir", a souligné une source diplomatique. "La baisse des échanges commerciaux a coûté entre 2 et 3 points de croissance à la Russie, ce n'est pas rien", a observé la même source.

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