NOUVELLES
20/03/2018 11:42 EDT | Actualisé 20/03/2018 12:00 EDT

Autriche: imbroglio autour des services de renseignement, le parlement va enquêter

Une perquisition controversée à la direction de la sécurité intérieure autrichienne, qui met à l'épreuve la coalition droite/extrême droite au pouvoir à Vienne, va faire l'objet d'une commission d'enquête parlementaire annoncée mardi par l'opposition.

Il en va du "rétablissement des intérêts légitimes des Autrichiens en matière de sécurité", a justifié le chef de l'opposition sociale-démocrate, et ex-chancelier, Christian Kern en présentant le lancement de cette procédure rare.

L'affaire fait la Une de la presse nationale depuis deux semaines et embarrasse le ministère de l'Intérieur dirigé par Herbert Kickl, l'une des figures du parti d'extrême droite FPÖ les plus en vues au sein de la coalition formée en décembre avec les conservateurs (ÖVP).

Plusieurs médias, qui ont révélé cette opération de perquisition intervenue en février, estiment que le ministère aurait dépassé le cadre légal dans le but d'asseoir son autorité sur un service de renseignement stratégique, le Bureau pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme (BVT), en charge de la sécurité intérieure.

Ordonnée par le parquet financier dans le cadre d'une enquête pour détournement de fonds visant des membres du BVT, cette perquisition aurait en réalité abouti à la saisie de documents liés à la lutte contre l'extrémisme de droite, sans rapport avec ce dossier, selon l'hebdomadaire Profil.

Ces accusations sont soutenues par le fait que la perquisition n'a pas été menée par la brigade financière, comme il aurait été d'usage, mais par une unité en charge de la sécurité sur la voie publique dirigée par un cadre du FPÖ.

Les soupçons d'irrégularité ont toutefois été balayées par la coalition au pouvoir

Selon M. Kickl, la perquisition a été menée sous la direction de magistrats du parquet auxquels ont été remis tous les documents saisis. Un rapport remis en urgence au ministre de la Justice conservateur n'a pas relevé d'irrégularités dans le déroulement de l'opération.

Le Chancelier Sebastian Kurz (ÖVP) en a conclu que la procédure était bien "conforme à la loi".

Cette controverse survient alors que des corporations pangermanistes autrichiennes, taxées de dérives ultranationalistes et comptant des membres du FPÖ, font l'objet d'enquêtes judiciaires après la découverte de livrets de chants nazis en leur sein.

En décembre, la nomination de M. Kickl avait suscité l'inquiétude de l'opposition et d'ONG, qui avaient dit craindre que ce haut dirigeant du FPÖ n'affaiblisse la lutte contre les activistes néo-nazis dans le pays.

bur-stu/pg