NOUVELLES
20/03/2018 17:50 EDT | Actualisé 20/03/2018 18:00 EDT

Argentine: l'ex-capitaine Astiz pourrait être assigné à résidence (médias)

L'ex-capitaine Alfredo Astiz, un tortionnaire de la dictature argentine surnommé "l'ange blond de la mort" condamné à la perpétuité, fait partie d'une liste de prisonniers susceptibles de bénéficier d'une assignation à résidence, affirment mardi des médias argentins.

L'ancien capitaine de marine, 67 ans, purge deux peines de prison à perpétuité pour des crimes commis durant la dictature militaire argentine (1976-1983), dont l'enlèvement et le meurtre de deux religieuses françaises en 1977, Alice Domon et Léonie Duquet.

Son nom figure sur une liste de "1.436 détenus remplissant les conditions d'obtention d'un aménagement de peine" pour raisons médicales, remise à la justice par le Service pénitentiaire fédéral, rapportent les sites web et chaînes de télévision TN et C5N.

Plus d'une centaine des bénéficiaires potentiels sont d'anciens tortionnaires de la dictature condamnés à de la prison ferme.

"C'est un personnage sinistre et emblématique. Il serait dangereux de la faire sortir de prison. Il s'est montré féroce et n'a exprimé aucun regret pour ses actes", a déclaré à C5N la présidente de l'association de défense des victimes de la dictature Les Mères de la place de Mai, Estela de Carlotto.

Astiz souffre d'un cancer, ce qui justifie selon le Service pénitentiaire fédéral de pouvoir purger sa peine à son domicile. La décision finale revient à la justice.

Le cas d'Alfredo Astiz se rapproche de celui de Miguel Etchecolatz, un ancien chef de la police sous la dictature, qui avait été condamné à la prison à perpétuité.

Un tribunal fédéral lui avait accordé en décembre une assignation à résidence en raison de son âge avancé, 88 ans, et de problèmes de santé, une décision finalement révoquée à la suite de nombreuses protestations et manifestations.

Alfredo Astiz est considéré comme un symbole de la répression durant la dictature pour avoir fait partie d'un groupe chargé de séquestrer, torturer et faire disparaître des opposants, crimes commis à l'Ecole de mécanique de la Marine (ESMA) à Buenos Aires.

Parmi ses victimes figurent la première présidente des Mères de la place de Mai, Azucena Villaflor. Astiz a été également reconnu coupable de la disparition forcée en 1977 de la Suédoise Dagmar Hagelin, 17 ans, ainsi que de l'enlèvement et du meurtre des religieuses françaises Alice Domon et Léonie Duquet.

Azucena Villaflor et les religieuses françaises ont disparu en étant jetées vivantes dans la mer depuis des avions surnommés "les vols de la mort".

La dictature argentine a été l'une des plus violentes d'Amérique latine, avec quelque 30.000 disparus, selon les organisations de défense des droits de l'Homme.

dm/rsr/dar/cn