POLITIQUE
19/03/2018 18:24 EDT | Actualisé 20/03/2018 10:29 EDT

Justin Trudeau interpellé à propos du meurtre de Marielle Franco

Dans une lettre, Amir Khadir réclame son intervention auprès des autorités brésiliennes.

Paméla Lajeunesse
Le député solidaire de Mercier, Amir Khadir, lors d'une manifestation à Montréal.

QUÉBEC - Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour réclamer son intervention auprès des autorités brésiliennes après l'assassinat tragique de Marielle Franco, une conseillère municipale de gauche à Rio de Janeiro au Brésil.

La politicienne de 38 ans, qui est née et a grandi dans une favela, était un symbole de la lutte des femmes noires brésiliennes contre le racisme et la violence policière. Le 14 mars, elle a été abattue par quatre balles en revenant d'une table ronde sur le thème des «femmes noires qui font bouger les choses».

La mort tragique de la politicienne a été décriée tant au Brésil qu'ailleurs dans le monde.

NurPhoto via Getty Images
Une photo de Marielle Franco déposée à côté de fleurs lors d'une manifestation de ressortissants brésiliens à Berlin.

À Montréal, plus de 400 personnes se sont mobilisées vendredi soir pour dénoncer le meurtre de Mme Franco et pour demander au premier ministre Trudeau de faire «tout ce qui est en ses moyens» pour forcer la tenue d'une enquête indépendante.

Dans une lettre datée du dimanche 18 mars et obtenue par le HuffPost Québec, M. Khadir enjoint formellement M. Trudeau de joindre sa voix aux «nombreux acteurs sociaux et organisations politiques», dont Amnistie Internationale, «pour que toute la vérité soit établie quant aux circonstances et aux responsabilités» de cette tragédie.

Sa missive a également été envoyée au chef du Nouveau parti démocratique Jagmeet Singh, à la cheffe du Bloc québécois Martine Ouellet ainsi qu'à la cheffe du Parti vert du Canada Elizabeth May.

Climat de peur à Rio

À quelques mois des présidentielles brésiliennes, cet «assassinat abject vient alimenter davantage la grande inquiétude qui s'installe au Brésil depuis la prise du pouvoir par l'actuel président [Michel Temer] pour la sécurité des militant-e-s politiques et pour le respect des libertés publiques les plus fondamentales», écrit M. Khadir.

Mme Franco s'était élevée contre la décision du président Temer de confier à l'armée le contrôle de la sécurité dans l'État de Rio pour contenir la flambée de violence et éradiquer le crime organisé. Elle avait également été désignée rapporteuse d'un comité spécial chargé d'enquêter sur les abus des forces armées brésiliennes.

La veille de sa propre mort, elle s'était indignée sur Twitter contre l'assassinat d'un jeune homme de 23 ans, qui a reçu des balles à la poitrine et au bras.

«Un autre meurtre d'un jeune homme qui pourrait être mis sur le compte de la police militaire. Matheus Melo quittait l'église. Combien d'autres doivent mourir pour que cette guerre prenne fin?»

Rassemblement pour Marielle Franco à Montréal