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17/03/2018 15:48 EDT | Actualisé 17/03/2018 15:48 EDT

Un Roumain est déclaré mort par sa femme... à tort!

La cour a refusé d'invalider son certificat de décès puisque sa demande a été rédigée «trop tard».

Constantin Reliu, 63 ans, dans sa maison de Barlad, en Roumanie, le 16 mars 2018.
ADRIAN ARNAUTU via Getty Images
Constantin Reliu, 63 ans, dans sa maison de Barlad, en Roumanie, le 16 mars 2018.

Constantin Reliu a appris en janvier dernier qu'il était mort.

Celui qui a été cuisinier pendant 20 ans en Turquie avant de retourner dans son pays natal, la Roumanie, a découvert que sa femme l'avait déclaré mort.

Depuis, l'homme de 63 ans vit un vrai cauchemar administratif, alors qu'il essaie de convaincre les autorités qu'il est bel et bien vivant. Il a vécu un véritable choc jeudi, lorsque le tribunal de Vaslui, une ville au nord-est de la Roumanie, a refusé d'invalider son certificat de décès, puisque la demande de Reliu avait été faite «trop tard».

Le tribunal a assuré que la décision était finale.

«Je suis un fantôme vivant», a déclaré Reliu à l'Associated Press, lors d'une entrevue téléphonique vendredi.

«Je suis officiellement mort, même si je suis vivant», a-t-il indiqué. «Je n'ai pas de revenus et comme je suis recensé comme une personne morte, je ne peux rien faire.»

Déclaré mort après avoir été déporté

Durant l'entrevue, Reliu était très émotif, commençant l'entretien en déclarant qu'il pensait qu'il allait pleurer avant d'indiquer, d'une voix emplie de rage, qu'il voulait se venger de sa femme, qui vit maintenant en Italie.

«Je ne suis pas sûr de si je suis divorcé ou non. Je ne suis pas sûr de si elle est mariée à quelqu'un d'autre ou non. Personne ne veut me le dire.»

Reliu a expliqué qu'il était allé travailler en Turquie pour la première fois en 1992. En 1995, une fois rentré au pays, il a eu le premier gros choc de son mariage: sa femme avait été infidèle. En 1999, il a décidé de retourner en Turquie pour de bon.

L'Associated Press n'a pas été en mesure de localiser la femme de Reliu afin d'obtenir sa version des faits.

En décembre dernier, les autorités turques ont détenu Reliu puisque ses papiers étaient expirés, avant de le déporter en Roumanie en janvier.

Avant d'atterrir à Bucarest, des agents des services frontaliers lui ont appris qu'il avait été officiellement déclaré mort et l'ont interrogé pendant six heures.

Je n'ai pas de revenus et comme je suis recensé comme une personne morte, je ne peux rien faire.

La distance entre ses yeux a été mesurée afin de vérifier si elle correspondait à celle d'une vieille photographie; des questions lui ont été posées sur sa ville natale (il a été interrogé sur l'emplacement de l'hôtel de ville, par exemple); ses empreintes digitales ont été vérifiées.

«Ils en ont conclu que c'était bel et bien moi!», s'est-il exclamé.

Mais les autorités de Barlad en ont été moins convaincues. Il a passé des semaines à essayer de les persuader de lui imprimer des documents prouvant qu'il avait officiellement «existé». Lorsque cette démarche a échoué, il a demandé à ce que son certificat de décès, émis en 2016, soit invalidé. Cette tentative a également échoué, alors qu'elle a été déboutée au tribunal jeudi.

Reliu a avoué qu'il aimerait bien entamer une nouvelle procédure judiciaire, mais qu'il n'avait pas d'argent pour le faire. Le fait qu'il souffre du diabète rend sa situation d'autant plus difficile.

Il a aussi déclaré qu'il avait été banni indéfiniment de la Turquie et qu'il aimerait bien écrire au président turc Recep Tayyip Erdogan pour en appeler de cette décision.

Cet article de The Associated Press a été traduit de l'anglais par le HuffPost Québec.