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16/03/2018 11:07 EDT | Actualisé 16/03/2018 11:08 EDT

«Premières armes»: plongée rare et intime dans le quotidien des recrues de l’armée canadienne

La formation militaire a souvent inspiré Hollywood et continue de fasciner le grand public.

Courtoisie

Après les personnes âgées dans La belle visite et les adolescents dans La marche à suivre, Jean-François Caissy s'est intéressé aux femmes et aux hommes ayant fait le choix de s'engager dans l'armée canadienne. Pour réaliser Premières armes, en collaboration avec l'Office national du film (ONF), le documentariste québécois a planté sa caméra durant 12 semaines dans la garnison de Saint-Jean-sur-Richelieu.

À l'origine, Caissy ne souhaitait pas spécialement faire un film sur l'armée, mais plutôt s'inscrire dans la même thématique que La belle visite sorti en 2009 et La marche à suivre sorti en 2014. Autrement dit, se pencher sur les différentes étapes de la vie. «Je voulais voir ce qui se passe pour les jeunes après l'école secondaire, quand il faut apprendre un métier et se trouver une place dans la société», a confié le réalisateur au HuffPost Québec, lors d'une rencontre à la Berlinale où Premières armes a été présenté dans la section Forum.

À mille lieues de Full Metal Jacket

«En faisant mes recherches, je me suis rendu compte que la formation militaire pouvait être particulièrement intéressante. Ces jeunes doivent prendre beaucoup de maturité en très peu de temps. Et pour quelqu'un comme moi qui fait du cinéma d'observation, c'était l'idéal de se retrouver à tourner un film dans un lieu où des gens se retrouvaient confinés pendant 12 semaines.»

Du classique de Stanley Kubrick Full Metal Jacket au plus récent film de Mel Gibson Hacksaw Ridge, la formation militaire a souvent inspiré Hollywood et reste un sujet qui fascine énormément le grand public. «Je ne m'attendais pas à voir Full Metal Jacket en tournant Premières armes, a précisé Jean-François Caissy. C'est beaucoup moins intense que ce qu'on peut voir dans les films, même s'il y a des jeunes qui peuvent trouver la formation très dure.»

Au total, le documentariste a suivi 54 recrues. Et les motivations qui ont poussé ces jeunes à rejoindre les rangs des Forces armées canadiennes sont diverses et variées. «Les plus jeunes le font pour relever un défi, a constaté Caissy. Ceux qui sont un peu plus âgés suivent la formation plus pour avoir un métier stable. Il y en a aussi qui ont besoin de ressentir un sentiment d'appartenance à un groupe. C'est l'aspect qui m'a paru le plus intéressant. On vit dans une société individualiste, et je trouve ça beau d'avoir pour objectif et désir d'appartenir à un groupe.»

Des femmes et des hommes

Cette plongée rare et intime dans le quotidien des jeunes recrues de l'armée canadienne montre également que la coexistence entre les deux sexes n'est pas tous les jours facile. Dans le documentaire, une jeune femme se plaint à son instructeur du mauvais comportement de certains de ses collègues masculins. «Je ne voulais pas faire un film là-dessus, mais je trouvais ça quand même important que ça ressorte», a expliqué Jean-François Caissy au HuffPost Québec. «L'armée reste un monde d'hommes, même s'il y a plusieurs femmes dans le film.»

Une autre scène touchante montre une jeune mère au téléphone avec son fils en bas âge, lors d'un rare moment de répit entre deux sessions de formation. «C'est très dur d'être coupé comme ça de ses enfants. Il y a aussi un jeune homme qui rentre en formation alors que son bébé a tout juste 16 jours. C'est un choix de vie difficile quand on a une famille. Le film a été tourné sur 12 semaines, mais leur vie militaire peut durer 25 ans. Et ils doivent parfois aller travailler à l'autre bout du pays pendant des années.»

Une fois le tournage terminé, Jean-François Caissy n'a pas eu l'opportunité de projeter le documentaire aux jeunes recrues qu'il a filmées. «Dès le dernier jour de la formation, ils se sont tous éparpillés un peu partout au Canada pour poursuivre leur apprentissage dans un métier spécifique. Alors c'était compliqué d'organiser une projection», nous a expliqué le réalisateur, qui espère pouvoir présenter Premières armes au Québec dans les prochains mois, après le bel accueil reçu par son film à la 68e édition de la Berlinale.

Malik Cocherel était invité par Téléfilm Canada au Festival international du film de Berlin.

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