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16/03/2018 15:26 EDT | Actualisé 16/03/2018 15:26 EDT

La police de Gatineau se défend d'avoir arrêté un journaliste

«Le policier n'est pas le juge, n'est pas le jury. Le policier ne porte pas d'accusation.»

Photo d'archives du chef de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel.
La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Photo d'archives du chef de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel.

Confrontée à un barrage de questions sur l'arrestation d'un journaliste de Radio-Canada, la police de Gatineau a insisté pour dire qu'elle n'avait fait que son travail en écoutant le témoignage d'une victime présumée, évoquant à mots couverts le mouvement #Moiaussi.

Le journaliste Antoine Trépanier, de Radio-Canada, a été arrêté par la police de Gatineau, mardi soir, après qu'une personne faisant l'objet d'une enquête journalistique eut porté plainte pour harcèlement criminel. La plaignante, Yvonne Dubé, est directrice générale des Grands frères et Grandes soeurs de l'Outaouais.

Le dossier est maintenant entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui décidera s'il portera des accusations.

En conférence de presse, vendredi après-midi, le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel, a martelé que la police avait «rempli ses obligations légales» en informant le journaliste qu'une plainte avait été déposée contre lui et en lui donnant la possibilité de donner sa version des faits.

Il a ajouté que la police ne devait pas juger le passé des victimes «depuis un certain temps avec tous les mouvements au niveau des plaintes des femmes».

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Selon l'enquête de Radio-Canada, Yvonne Dubé s'est fait reprocher par la Cour supérieure de l'Ontario de s'être «faussement présentée comme avocate» et d'avoir «pratiqué le droit sans autorisation de septembre 2011 à mars 2012».

«Le policier n'est pas le juge, n'est pas le jury. Le policier ne porte pas d'accusation. Le policier récupère les éléments d'un dossier et le soumet à la Couronne», a déclaré M. Harel.

Il a admis qu'il s'agissait d'un dossier délicat, car il s'agit d'un journaliste, mais il a souligné que la police devait «traiter équitablement» la victime présumée. Il a assuré que la police respectait le travail des journalistes.

M. Harel, qui s'est refusé à tout commentaire sur ce dossier en particulier, a laissé entendre que la police pourrait avoir choisi d'intervenir sans vérifier les preuves de harcèlement.

«L'officier responsable au moment de la prise de plainte doit évaluer s'il a des raisons de croire qu'il y a une infraction qui est commise et s'il doit agir sur-le-champ pour cesser l'infraction, empêcher la continuité de l'infraction et protéger la victime», a-t-il expliqué.

«Par la suite, après avoir intervenu auprès de la personne suspecte, il peut rester des démarches d'enquête à faire.»