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16/03/2018 17:38 EDT | Actualisé 19/03/2018 16:01 EDT

Le PM de la Saskatchewan dénonce les retards dans le transport des céréales

REGINA — Le premier ministre de la Saskatchewan trouve invraisemblable que le transport des céréales dans les Prairies soit encore paralysé cette année à cause d'un manque d'effectifs et de matériel dans les chemins de fer.

Devant l'Association des municipalités rurales de la province, vendredi, Scott Moe a déploré que ce ralentissement soit le deuxième à survenir en quatre ans. Il a soutenu que ces retards de livraison minent la réputation de partenaire commercial sûr et de fournisseur fiable dont jouit le Canada.

Le premier ministre a rappelé que la récolte de cette année avait été la troisième plus importante de l'histoire de la Saskatchewan. Or, les producteurs ont de la difficulté à payer leurs factures parce que les céréales ne peuvent pas être acheminées à bon port. 

Les agriculteurs sont payés une fois que les céréales ont été livrées. 

Le Canadien National (CN) a présenté ses excuses pour ces retards, et soutenu qu'il mettra à disposition plus de wagons et d'employés afin d'éliminer ce goulot d'étranglement.

Sean Finn, le vice-président des services d'entreprise du CN, a dit être d'accord avec M. Moe, reconnaissant que la compagnie ferroviaire avait laissé tomber certains de ses clients de l'ouest du Canada.

M. Finn a précisé que le CN avait discuté avec le premier ministre saskatchewanais la semaine dernière et l'avait assuré qu'elle travaillait à régler le problème.

Il a ajouté que le CN espérait rattraper le retard et atteindre ses objectifs en matière de transport de céréales dans les 30 prochains jours.

Sean Finn a de plus révélé que lui et d'autres dirigeants du CN se présenteraient lundi devant le Comité permanent de l'agriculture de la Chambre des communes afin de répondre aux questions concernant la situation.

Le Canadien Pacifique (CP) a pour sa part indiqué qu'il commençait à se remettre des intempéries hivernales et qu'il allait augmenter son nombre d'employés et de locomotives.

De passage à Montréal vendredi, le ministre fédéral de l'Agriculture, Lawrence MacAulay, a rappelé que son gouvernement suivait la situation de près.

«Nous sommes en relation constante avec le CN et le CP, mais on doit demeurer vigilants parce que si les céréales ne bougent pas, les agriculteurs ne reçoivent pas l'argent dont ils ont besoin pour vivre, a-t-il dit. C'est pourquoi le projet de loi C-49 a été déposé, car ce problème n'est pas nouveau.»

Le projet de loi C-49, déposé aux Communes en mai 2017 et présentement à l'étude au Sénat, imposerait notamment des sanctions aux compagnies ferroviaires ou aux agriculteurs lorsqu'il y a des retards de livraison.

M. MacAulay et son collègue aux Transports, Marc Garneau, avaient écrit aux deux sociétés ferroviaires, au début du mois, pour leur faire part de leurs «importantes préoccupations» concernant la détérioration du service et l'incapacité du CN et du CP à répondre aux besoins de leurs clients au cours de l'hiver. Les deux ministres avaient donné jusqu'à cette semaine aux deux transporteurs pour expliquer comment ils entendaient corriger le tir.

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